Thibaud, sage-femme épanoui

Être un homme dans un métier de femme, ça surprend, ça questionne, encore aujourd'hui... Thibaud Jarrossay a choisi ce métier et il l'assume. Alors avec force et conviction, il réconforte les patientes et leurs compagnons. Histoire d'un parcours hors des sentiers battus.

Au démarrage, devenir sage-femme n'était pas un choix pour Thibaud Jarrossay. Le jeune homme était attiré par les soins et la santé, alors il a fait médecine.

La première année est commune à toutes les spécialités (médecine, dentaire, sage-femme…). A l'issue de cette première année, c'est le concours et les résultats obtenus permettent de choisir sa spécialité. Quand arrive le tour de Thibaud de donner son choix, il ne reste des places que pour les études de sage-femme, et ça, Thibaud n'y avait pas songé ! Qu'importe, il se renseigne, discute avec des hommes exerçant ce métier et des étudiants des promos précédentes pour avoir leurs impressions. Convaincu, il décide d'y aller.

Contre toute attente, il se plaît vraiment dans cette formation et se révèle au milieu de ses collègues. Il avoue avoir été formidablement bien accueilli dans ce métier qui est quasi exclusivement féminin, même si les hommes commencent tout doucement à y faire leur place.  Ils sont actuellement 1 pour mille à exercer le métier et 2 % en formation.

On attend plus d'un homme !

Mais être un homme dans une formation de sage-femme, ce n'est pas de tout repos. Thibaud se souvient que les collègues avaient envers eux des attentes différentes de celles pouvant être attendues des femmes de la promo. " On se sentait observés, alors on mettait la barre plus haute, notamment par rapport à la d ouleur et à la pudeur des patientes"  .

Thibaud a  apprécié le côté concret de sa formation : un tiers de cours et deux-tiers de stages. Cela oblige à savoir très vite se débrouiller et prendre des initiatives. " Au premier accouchement, je ne savais pas trop où était ma place et petit à petit, j'ai pris confiance,  se souvient-t-il nostalgique. A partir du moment où l'on est professionnel, tout se passe bien. On sent souvent un petit moment de flottement quand la future maman me voit et elle oublie rapidement que je suis un homme .

Très vite,  la confiance  s'installe. Pour rassurer les parents et parce que c'est sa façon de faire, il explique tout ce qu'il fait et pourquoi il le fait. Le plus important selon le sage-femme, c'est une bonne prise en charge et une écoute attentive des besoins de la future maman. " Pour moi, c'est un atout de ne pas pouvoir connaître la maternité. Contrairement à mes collègues féminines, je ne mettrais jamais d'enfant au monde et ça me force à être plus à l'écoute de mes patientes et de toute évidence, je ne me projette pas ."

Et les papas dans tout ça ?

Sa plus grande force, c'est peut-être de pouvoir créer un lien particulier avec les papas qui apprécient d'être rassurés par un homme. Ce sont eux aussi qui lui demandent le plus souvent pourquoi on dit sage-femme pour un homme. Alors il répète avec la gentillesse qui le caractérise que le « femme » de sage-femme s'applique à la patiente et non à la praticienne.

Aujourd'hui, Thibaud travaille comme sage-femme à la maternité du Centre hospitalier Côte de lumière des Sables-d'Olonne mais trouver un poste n'a pas été simple et le métier évolue. De plus en plus de sage-femmes s'installent en libérales. Thibaud lui, se sent bien où il est. Il aime être présent dans les moments forts de la vie d'un couple et il affectionne particulièrement cette relation avec eux.

Petit bonus, la maternité dans laquelle il travaille est labellisée "Hôpital ami des bébés" et pour Thibaud, c'est une force en plus.  a nous pousse à être encore plus attentifs aux besoins de l'enfant et des parents. C'est vraiment agréable de travailler dans une petite structure car nous avons le temps de prendre du temps avec les parents et le bébé ."

Thibaud adore sa vie de sage-femme, et il n'en changerait pour rien au monde.

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