Supporters de la Bicentenaire, merci, merci pour vos encouragements !

Que ce soit sur les bords de l’Yon, autour de Moulin Papon, sur la route de Coëx ou tout autour du pentagone, le printemps voit fleurir les primevères, les jonquilles , les violettes … et les joggueuses yonnaises ! Cette variété de jeunes pousses, tiges noire pétales fluo, s’épanouit à partir du mois de février sur nos routes et chemins et se retrouve rassemblée dans un seul et même élan un beau dimanche d’avril. Le dimanche de la Bicentenaire. Et  là, comment ne pas penser à Fernandel dans " La vache et le prisonnier " et s’exclamer devant la ligne de départ : " Oh ! Un champ de Yonnaises " multicolores ! Fleur parmi les fleurs, j’y étais !  Souvenirs, souvenirs ...

Dimanche 12 avril, je suis prête pour la Bicentenaire. Guiboles gainées de mon superbe fuseau de course noir parce que ça affine… et top jaune fluo des plus seyants… une vrai jonquille !

Nous étions 1111 C4. C4 c’est la catégorie 4 , celles et ceux qui courent 8670 m. J’essaye de me faufiler vers le devant de la ligne de départ : "Et toi tu tournes à combien "?, " Au semi des Sables j’ai fait 9,7". Ça c’est le langage des pros, de celles qui s’entrainent trois fois par semaine depuis vingt ans ans. Je change de place. Moi, je sais pas à combien je tourne. Je suis une jonquille, pas un héliotrope.  Ce que je veux surtout, c’est ne pas tourner de l’œil !

Je retourne à l'arrière du "peloton". Tout , tout derrière. L’ambiance est des plus détendues. Le soleil brille. Derrière, ça papote de tout, de rien, des enfants. Ça me convient très bien.

Tout à coup, nous sentons un frémissement dans l’assemblée. Nous comprenons que le top départ a été donné mais nous restons sur place. Ce rythme me convient tout à fait mais je crains que n’arrivions pas à temps pour l’apéro ! Et puis, ça y est, nous commençons à courir, portées par les acclamations du public. Nous saluons la foule comme si nous étions des héroïnes ! Je me sens tout à coup dans la peau du libérateur  américain dans les rues d’Arromanches-les-Bains.  Je frime un peu  je l’avoue, mais je n’en mène pas large car je sais les trois côtes qui m’attendent en ricanant…

Je l’ai fait ce trajet, plusieurs fois. Mais là, quel bonheur d’entendre les encouragements sincères de ces familles, de ces enfants qui crient, qui soutiennent, je vole ! Merci!

Je vole mais j’atterrie un peu lourdement dès la première côte qui me rappelle que je ne sais pas à combien je tourne… Bon, allez, plus que deux (deux côtes, pas deux kilomètres). Les kilomètres passent assez vite finalement grâce à la foule. C’est incroyable comme la foule porte les coureurs ! Merci!

D’une part, parce que c’est encourageant d’être encouragée. D’autre part, parce que on n’a pas envie de se taper la honte intersidérale de flancher devant tout le monde. Alors on tient, nom d’une pipe! On tient et même on sourit ! Un tantinet crispé le sourire ? Allez, merci quand même!

"Merci aux supporters ! Merci à mes enfants chéris!"

Deuxième côte, on tient.  Troisième côte, le faux plat de la mort, mais les supporters sont là, alors on tient. Merci!

Et enfin, la dernière ligne droite et la ligne d’arrivée. J’entends mes enfants qui sont venus m’accueillir à l’arrivée. Je ne les vois pas mais je les entends. Et là, phénomène incroyable, alors que je suis à l’agonie, mes ailes repoussent et je fais un sprint aussi inattendu qu’incroyable sur les 300 derniers mètres. Juste pour qu’ils soient fiers de leur maman et qu’ils ne regrettent pas d’être venus ! Merci mes chéris!

Merci donc! Merci à tous ces supporters qui ne se rendent peut-être pas compte à quel point leurs encouragements permettent de se dépasser! 

Bon, quand je vois mon temps et mon classement, je crois comprendre qu' à la question : " A combien tu tournes ? "  , je pourrais répondre " au ralenti ". Mais, au moins, je tourne comme disait Galilée !

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