Silence, ça tourne à Noirmoutier

Vous êtes-vous demandé ce qu’il se passait pendant un tournage de film? Que font tous ces gens autour du caméraman? Prononcent-ils vraiment le fameux « moteur action » ? Est-ce qu’il y a le clap? Alors si vous souhaitez mettre un pas dans le 7e art comme j’ai pu le faire en tant que figurante, suivez-moi en silence, ça tourne!

 

 

Photo 1 : En plein tournage, Laurent Brunet, directeur de la photographie

 

Une étape préalable, le casting

C’est dans le journal Ouest France que j’avais lu l’annonce. Le film s’appelle Boomerang , il est réalisé par François Favrat à qui l’on doit notamment Le rôle de sa vie ou La Sainte Victoire . Le casting avait lieu le 22 février à Noirmoutier. Sur place, une centaine de prétendants, des locaux mais aussi des gens venus des proches métropoles.

Si certains des candidats souhaitent avant tout découvrir ce qu’ils appellent « l’envers du décor », d’autres veulent voir les deux têtes d’affiches :  Mélanie Laurent et Laurent Lafitte . Pour ma part, je dois avouer que c’est sans doute un peu les deux. Les figurants sélectionnés reçoivent ensuite un coup de téléphone de la part du chef de casting, Stéphane. Ce dernier indique à chacun, les journées de tournage, les rôles et les tenues à apporter. Pour ma part, la date est fixée au 16 avril pour deux scènes : la première en maillot de bain, la seconde en tenue de soirée. Le soir du 15, la valise est prête.

Photo 2 : Fin de journée, Mélanie Laurent et Laurent Lafitte

 

Un cadre idyllique

Sur les deux mois de tournage, deux semaines sont réalisées sur l’ île de Noirmoutier . Avant cela, l’équipe a tourné à Paris . S’en suivront les deux mois de montage, pour une sortie prévue au second trimestre 2015 (oui, il va falloir attendre). Avant mon arrivée, des scènes ont été filmées à la plage de l’Anse Rouge , sur le Gois ou encore à la ferme des Mûriers. Mon rendez-vous du 16 est donné à La Barbâtre , plus précisément à l’hôtel de charme la Maison sur l'eau . Autant vous dire qu’il porte bien son nom. Finalement, le cadre est idyllique, les températures sont légèrement plus chaudes que la normale de saison, la journée s’annonce plutôt bien.

Photo 3 : Vue de la terrasse, la Maison sur l’eau

 

Une valse à 3 temps

Avant chaque prise, ça court, ça grouille, un régisseur rectifie la lumière, le caméraman ajuste son angle, les équipes stoppent les gens qui pourraient passer à ce moment-là. Et puis, on entend « attention, ça tourne! » Et le silence se fait. Aussi surprenant que cela puisse paraître, je crois bien avoir couper mon souffle par moment. La prise se fait rapidement, jamais plus de deux minutes. Quand le « c’est coupé! » est donné, la fourmilière s’active à nouveau. On recommence deux fois, cinq fois,… Je me souviens que pour la prise du soir, nous avons recommencé la scène une dizaine de fois. A ce moment-là, je dois discuter avec une amie en marchant tranquillement le long de la piscine. Facile vous me direz. Le détail est qu’il me faut fumer, à chaque prise bien évidemment. Le paquet de cigarettes a été diminué de moitié en l’espace de 20 minutes.

Photo 4 : de gauche à droite, Olivier Jeunet, François Favrat et Sylvain Monod

 

Que font tous ces gens autour du caméraman ?

Sur le tournage, le fonctionnement est pyramidal. Le réalisateur, le chef machiniste, le chef électricien, les assistants du chef régisseur... Chacun sait précisément ce qu’il doit faire. Entre le décor, les accessoires, les lumières, les figurants, il y a un certain temps de préparation. Prenons Géraldine par exemple, l’accessoiriste . Il lui arrive d'être une sorte de MacGyver du décor. Car il s’agit parfois d’improviser, de faire avec ce qu’il y a sur place. Le système D peut être de rigueur. « Il me faut mettre au cadre certains éléments. Leur emplacement est calculé au centimètre près. » L’appareil de photo ne la quitte jamais, elle capture chacun des plans afin d’éviter les faux-raccords. Aurélie, 28 ans, est la régisseuse adjointe . Elle est en charge de l’organisation logistique en dehors du plateau. A savoir, trouver les décors, obtenir les autorisations, organiser le planning, s’occuper de la table de régie, contacter les mairies ou encore le voisinage… Thomas qui l’assiste dans son travail nous confie quelques anecdotes de tournage « ajoutons à cela, chercher des petits Lu pour le bon plaisir d’un comédien, acheter des bottes pour tout le monde pour aller tourner sur le Gois ». Sylvain Monod , directeur de production , passe de temps à autre pour " prendre le pouls ". Il veut savoir si tout se déroule comme prévu, s'il n'y a pas de retard, pas de difficultés majeures. Si ses principales fonctions restent administratives et financières, il n'en est pas moins intéréssé par le bon déroulement du tournage. Il me confie : "Ç a fait du bien de tourner dans un cadre comme celui-ci. On profite tous de l'air frais. On découvre des métiers différents du nôtre, ostréiculteur par exemple. "

Photo 5 : Stéphane Chemin, chef de casting

 

« La figuration, c’est beaucoup d’attente »

Avec les autres figurants, l’ambiance est agréable. Ils viennent des alentours et leurs profils sont variés. Ségolène, est bien rodée dans le domaine : Les Aventures du Petit Nicolas , Une vie meilleure , Lulu Femme Nue . Nul doute que pour elle, la figuration n’a plus de secrets. « C’est toujours beaucoup d’attente quand on est figurant », lance Anthony, 21 ans, venu de Nantes. Il a fait le déplacement, comme il le fait souvent pour ce genre de contrats. Originaire de La Barbâtre, Anaïs, elle connaît bien les lieux et avait hâte de rencontrer Mélanie Laurent et Laurent Lafitte . « J’avais regardé un petit peu sur Internet avant de venir. Il est mieux en vrai! » Alors on papote entre nous, on jette régulièrement un coup d’œil, au cas où un acteur passerait par là. Le fait de savoir que l’aventure ne dure qu’une journée, tout le monde profite et savoure à sa manière. 

 

Photo 6 : Solène 25 ans originaire de Pornic, une figurante en séance beauté

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo 7 : la troupe des figurantes

 

Témoignage d’une yonnaise pétillante

Parmi les figurants, je rencontre Christèle, 42 ans, originaire de L a Roche-sur-Yon . Elle participe à son premier tournage et elle témoigne pour la Roche&Elles  : «  Portable coupé, pas de photos, j'ai souhaité m'imprégner de cette journée pour la conserver longtemps dans ma mémoire et profiter de cette occasion qui m'était offerte. C'est mon côté "vivre le moment présent". C'est une opportunité de vivre une expérience humaine, de croiser un autre monde que le mien, entre techniciens, accessoiriste, costumière, figurants…on ne se connaît pas et pourtant on fait tout pour que ces quelques minutes de film soient les meilleures. En tant que figurante, le tournage pour trois scènes m'a valu de nombreuses heures d'attente, mais quel bonheur !  » 

Photo 8 : Christèle, 42 ans, une figurante yonnaise pétillante

 

Nota bene

- Boomerang est l’adaptation du roman éponyme de Tatiana de Rosnay (auteure d’ Elle s’appelait Sarah ). Le livre a été récompensé en 2009 par le Prix du Salon du livre de Mer de Noirmoutier .

- Si vous êtes intéressés par le statut de figurant, vous trouverez des annonces  ici , , par là , ou céans .

 

 

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