Ninon Robin, une yonnaise récompensée pour ses travaux en paléontologie

Hier, au Grand Palais à Paris, 20 jeunes femmes scientifiques ont reçu les Bourses nationales 2014 L’Oréal-UNESCO pour les Femmes et la Science . Parmi elles, Ninon Robin, 24 ans, originaire de La Roche-sur-Yon. En fin d’études de paléontologie, elle a été récompensée pour son parcours et la qualité de ses travaux de recherche.

Aujourd'hui, moins d'un chercheur sur trois dans le monde est une femme... Alors depuis 2007, pour changer le visage des sciences, la Fondation l’Oréal, en partenariat avec la Commission nationale française pour l’UNESCO et l’Académie des sciences, récompense de jeunes femmes scientifiques prometteuses. Un moyen de mettre à l'honneur des femmes talentueuses et audacieuses qui contribuent à faire avancer la recherche. «  La fondation For Women In Science a une grande ambition, pas simple à atteindre. Je trouve que leur action va dans le bon sens et peut faciliter l’engagement des femmes dans les filières scientifiques. C’est utile. Notamment pour la physique, la chimie, l’astronomie ou les mathématiques, dans lesquelles peu de femmes sont représentées, quand elles le sont beaucoup en médecine ou dans la biologie appliquée à la santé…- où on prend soin des autres. Et c’est légitime de mener des actions pour l’égalité d’avenir – non plus de droits –  des jeunes, à tout niveau (l’état, l’éducation, les associations, les fondations) » souligne Ninon Robin.

Parce que lorsque c’est une jeune vendéenne qui incarne cet avenir de la science, La Roche & elles joue les curieuses ! Ninon, les sciences, elle aime ça depuis toujours : « J’ai l’impression d’avoir voulu faire ça depuis très jeune. J’aimais les choses de la nature, les bébêtes. » Et c’est comme ça qu’elle est tombée dans la paléontologie : « Plus tard j’ai réalisé que ce que j’aimais dans la nature c’était de comprendre comment elle s’organisait. Comment les organismes étaient tous reliés entre eux et dans le Temps. »

La Yonnaise est titulaire d’un Master en Sciences de la Nature et de l’Homme. Son sujet de recherche de doctorat a retenu l’attention du jury : les symbioses du passé, l’exemple des épibioses de crustacés fossiles.  Pour faire simple : les fossiles permettent aux paléontologues d’obtenir des indices sur les origines de la vie sur la Terre. Et en déchiffrant certains fossiles d’invertébrés (homards, crabes, crevettes), le travail de Ninon Robin lève le voile sur des symbioses du passé, parfois devenues les matrices d’espèces actuelles. Elle explique : « Une manière d’étudier les relations entre espèces dans le passé est de se focaliser sur des animaux ou végétaux fossilisés directement en association. Les associations d’espèces (symbioses) ont une histoire qui remonte à l’apparition de la vie sur Terre. Lorsqu’elles sont détectées et interprétées grâce aux fossiles, elles peuvent révéler de considérables aspects des écosystèmes passés » . Cette étude est "extrêmement novatrice", souligne Sylvie Crasquin, directrice de recherche au CNRS. "Découvrir des relations symbiotiques entre des organismes fossilisés relève de la gageure. Les travaux de Ninon Robin sont un apport important à la connaissance de la vie sur notre planète dans les temps anciens".

Cette Bourse de 15000€ est un bel encouragement pour la jeune scientifique. Parce que, même si les places sont chères - et ce n’est pas ça qui fait peur à la dynamique Ninon- elle va encore devoir travailler pour atteindre son objectif : « devenir chercheuse en paléontologie. »

 

Le conseil de Ninon aux lycéennes et étudiantes yonnaises

« D’abord, il faut faire attention à ne pas faire des études longues pour faire des études longues. Pensez aussi votre orientation en fonction des débouchés. Essayez vraiment de vous renseigner sur l’immensité des métiers qui existent, notamment ceux dont les parents et les professeurs ne parlent jamais…intellectuels mais aussi, manuels, technologiques. Il y a des centaines de métiers dont on aura besoin dans quelques années et qui se révèlent passionnants pour qui veut se donner la peine d’aller les découvrir. La science recouvre une partie de ces métiers d’avenir, ne nécessitant pas forcément des études ultra-longues (licences). Ensuite, si vous vous sentez le goût de faire de très longues études, voire même de galérer un peu pour quelque chose qui vous fait profondément vibrer, alors foncez, ça marchera. »

 

Pour en savoir plus sur le programme L’Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science.

 

 

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