Nina Goern sans voix face au succès de Cats on Trees

Nina Goern est encore scotchée. La chanteuse du duo français Cats on Trees reste étonnée du succès du premier album éponyme du groupe. Elle s’est confiée avant le concert prévu samedi 17 mai au Fuzz’Yon.

Nina Goern, qu’est-ce qui vous a poussé vers la musique ?

Ma grand-mère. Dans notre maison familiale, il y avait un piano dans le salon, sur lequel je jouais tout le temps depuis toute petite. Toutes les femmes de ma famille jouaient du piano : ma mère, ma grand-mère, mon arrière-grand-mère. Ma grand-mère a poussé ma mère à m’acheter un piano parce qu’elle trouvait que j’avais beau n’avoir jamais pris de cours, il se passait peut-être quelque chose. Un jour, elle a appelé ma mère et lui a dit: "tu sais tu devrais donner des cours à Nina." J’avais 9 ans. Ma mère est venue me chercher à la sortie de l'école. A la maison, dans le salon, il y avait un piano. C’était une très belle surprise.

C’était votre premier instrument ?

Oui. Ma mère m’avait inscrit au conservatoire quand j’étais enfant. Mais je devais avoir un problème avec l’autorité. J’y suis restée très peu de temps. Après, comme tout le monde, j’ai testé la flûte au collège. D’ailleurs, j’ai toujours regretté qu’au collège on n’apprenne pas plus que la flûte. J’ai jamais compris pourquoi le professeur avait le droit de jouer du piano et pas ses élèves ? Tout le monde aurait pu aimer jouer de la flûte à bec si seulement on leur avait présenté autrement. C’est très académique, c’est trop scolaire la manière dont on apprend la musique à l’école. Pour moi le piano, c’était et c'est plus qu’un instrument. C'est un objet qui partage ma vie au quotidien. Ça me fait du bien. Petite, je sentais que j’avais déjà des choses à exorciser et le piano m’a aidé dans ce sens-là.

Avant Cats on Trees, vous avez joué dans un groupe appelé, Aeria Microcosme. Que retenez-vous de cette expérience ?

Ce n’était pas mon premier groupe, j’en avais un déjà au lycée. On faisait une musique assez originale. La chanteuse de ce groupe est devenue mon amie et a formé un groupe plus tard sur Toulouse qui s’appelait Aeria Microcosme. Ce groupe cherchait une pianiste et on m’a demandé de participer à des premières répétitions. Et c’est là que j’ai rencontré Yohan. Tout est parti de ce groupe. Moi, j’étais aux cœurs et au clavier et Yohan à la batterie. J’étais très bien dans cette place-là. Pour moi, me mettre en avant, chanter, c’était quelque chose de difficile et c’est Yohan qui m’a poussé à aller plus loin. Puis, on s’est gentiment détaché du groupe et on a fait Cats.

Comment s’est faite la transition pour créer Cats on Trees en 2007 ?

Ça s’est fait en douceur surtout qu’entre-temps je suis partie à Montpellier faire des études de musicologie. J’ai commencé à créer Cats toute seule. Je créais mes propres compositions, je chantais ou en tout cas j’essayais. Après mes études, je suis revenu à Toulouse. Je me suis mis en colocation avec Yohan et il a découvert le projet à ce moment-là. Il m’a dit : « Tu es folle, il faut absolument que tu fasses quelque chose avec ça, je veux le faire avec toi… ». J’avais mis des compositions sur Myspace à l’époque et je l’avais appelé Cats on Trees. Je n’avais pas de nom de groupe. C’était juste celui du Myspace et finalement on a gardé le nom

Et vous êtes partis à deux, comme ça ?

On s’entendait tellement bien. Il s’était créé quelque chose de particulier entre nous. Il y avait vraiment une fusion amicale et artistique. Je pense qu’à l’époque, on ne voulait que rien ne pollue ça. C’est peut-être péjoratif mais on voulait voir jusqu’où on pourrait aller tous les deux. Pour nous, la contrainte faisait la force du projet. De par son originalité : piano et batterie, ce n’est pas très commun.

Le nom de Cats on Trees provient-il du fait que vous aimez tous les deux des chats ?

On trouvait que le nom nous définissait tellement bien. On n’a pas voulu le changer. On aimait l’image du chat. C’est synonyme de totale liberté. C’est indépendant, c’est parfois courageux, pour un chat  de monter dans un arbre : il ne sait jamais s’il pourra descendre. Et voilà, on trouvait qu’on était un peu tout ça à la fois.

Le printemps de Bourges en 2010 vous a  révélé. Vous êtes lauréats des "Découvertes" du festival. Que vous a apporté cette récompense ?

Elle aurait pu ien nous apporter parce que ce n’était pas la meilleure prestation de notre vie. C'était pour nous l’une des dates les plus importantes jusqu’alors : on était très stréssé. Il y a eu un avant et un après. On n’a jamais été tout seuls. Au bout de six compos, Jerkov, notre boîte de booking de l’époque, nous a pris sous son aile très vite. Et on fait des concerts. C’est tout l’avantage d’être arrivé au printemps de Bourges avec une certaine maturité même si on a encore beaucoup à apprendre. Une telle distinction te crédibilise beaucoup auprès des programmateurs. Ça a été un vrai tremplin et une expérience riche. Mais tout s’est fait progressivement. Il n’y a pas eu rien, puis le printemps de Bourges.

Cette rencontre, c’était l’opportunité de créer votre album ou vous l’aviez déjà en tête ?

 Ça a toujours été dans nos têtes. Yohan et moi nous créons beaucoup parce qu’on s’inspire de nos vies de l’un et l’autre. On a toujours énormément créé et on ne s’en est jamais privé. L’album qu’on a fait en 2013 c’est finalement un condensé de tout de tout ce qu’on a fait depuis nos débuts. Cet album-là on l’a créé déjà inconsciemment depuis la création de Cats.

Pourquoi avoir mis trois ans avant de sortir l’album ?

Il fallait faire un tri et on avait déjà beaucoup de compositions. Il y a eu un gros travail de réarrangement, restructuration des morceaux. On voulait faire l’album dont on serait le plus fier possible. Sans avoir de regret. Ça ne veut pas dire qu’il n’y en a pas aujourd’hui. C’est hyper dur de poser définitivement un morceau. Une fois figé, on ne peut plus revenir en arrière. C’est un acte assez douloureux. On avait besoin de prendre du temps et on avait besoin de composer aussi. On n’a pas réfléchi, peut-être qu’on aurait pu le faire en six mois, en deux ans. Ça s’est fait comme ça et on nous a laissés le temps de le faire. Peut-être que le deuxième album se fera plus facilement.

Justement, vous avez un projet de deuxième album ?

Oui, on y pense. On continue d’être dans ce processus de création. On a plein d’idées et maintenant il nous tarde de mettre ça sous format CD. Enfin ;si le CD existe encore (rire).

Pour revenir à votre album, vous vous attendiez à un tel succès ?

Ça a été une vraie surprise parce que tout est allé très vite. À notre niveau, quand on a signé dans notre maison de disque on était encore dans une phase de développement. Un groupe, ça se développe sur la durée. Nous, on était persuadé que même avec un premier album, on resterait dans cette période. Déjà on ne s’entendait pas à cet engouement sur le single. Personne ne s’y attendait même pas notre maison disque même si elle adore le morceau. Les radios nous ont joué rapidement et elles continuent à nous passer. Tout s’est enchaîné. Les albums se sont très bien vendus. En cinq mois, vendre 55 000 albums quand tu es un groupe en développement, que personne ne connaissait avant, c’est incroyable et on n’en revient toujours pas. Au début on avait peut-être tablé sur 5 000 pas plus.

Vous avez joué aux Victoires de la musique, vous étiez même nommé dans la catégorie "Album Révélation". Y avait-il une pointe de déception de pas l’avoir emporté ?

On ne va pas s’en cacher c’est une grosse déception. On a osé espérer… Mais, bon déjà, c’était tellement fou d’être nommé en Album Révélation alors que l’album est sorti fin octobre. 

En concert au Fuzz'Yon ce samedi 17 mai à 20h30. A partie de 15  €. Retrouvez le clip de leur tube Sirens Call ici !

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