Marie-France Thiery met les petits plats dans les grands

Son blog Une cuillerée pour papa fête cette année son 10e anniversaire. Pour Marie-France Thiery, la cuisine est avant tout une question de partage et prétexte à se réunir autour de la table.

Comment êtes-vous tombée dans la marmite ?

J'ai toujours aimé cuisiner, recevoir du monde à manger. Ma mère était une très bonne cuisinière mais j'ai appris toute seule, à 18 ans, lorsque j'ai quitté le cocon familial. J'ai appris pour recevoir les copains et les copines.

Votre blog fête ses 10 ans, pourquoi vous être lancée dans cette aventure ?

Pour l'envie de partager. Comme je l'ai dit, j'aime recevoir et j'ai eu envie de partager encore plus ma passion. À l'époque, c'était le plein boom des blogs, l'explosion d'internet. Je regardais cela d'un oeil intéressé et je me suis dit "pourquoi pas moi" ? Et puis internet donne aussi une belle ouverture sur le monde. Je n'aurais jamais imaginé en venir là où j'en suis aujourd'hui.

Car la mayonnaise prend assez vite...

Oui. Même si c'est à relativiser car à l'époque il y avait moins de sites ou de blogs que maintenant. Aujourd'hui, on est un peu noyé dans la masse. Il y a pas mal de turn-over car c'est une passion envahissante et chronophage. Et puis, on est aussi un peu poussé à la production par le lectorat. Mais j'y prends toujours autant de plaisir et j'essaie de tenir le rythme d'une à deux publications par semaine.

Depuis quelques années, la mode des émissions culinaires explose. Quel regard posez-vous sur ce phénomène ?

C'est dans l'air du temps, il y a comme un effet de mode. Il y a toujours quelque chose à prendre dans ces émissions même si tout est très mis en scène et que ça reste du show télévisé. Je me sens plus proche de Julie Andrieux ou de Jean-Luc Petirenaud, qui privilégient les terroirs, la cuisine du quotidien et les savoir-faire, que d'émissions comme Top Chef.

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Le T3 de la trilogie romanesque de Marie-France

Vous animez également des ateliers de cuisine. Que viennent y chercher les gens qui y participent ?

Cela dépend des publics. De plus en plus d'hommes se rapprochent de la cuisine par exemple. Ils ont une relation de plaisir et de découverte avec l'art culinaire. Les femmes cherchent plutôt des solutions pour le quotidien, des plats simples et faciles à mettre en oeuvre avec des produits accessibles. Ou des choses exceptionnelles, pour recevoir.

Papa cuisine et maman fait à manger ?

C'est un peu cela oui. Il y a aussi une demande de plus en plus grande pour tout ce qui est repas équilibré, diététique. Comment composer avec les allergies, réaliser un bon repas végétarien. L'évolution vers une nourriture plus saine est très sensible.

Des envies de passer du blog à Youtube ?

J'y ai pensé. Ce serait bien mais c'est très chronophage et je ne maîtrise pas les outils pour le moment. On peut dire que je n'ai pas pris le train en marche mais le concept est intéressant. Il faut cependant se méfier de certains vulgarisateurs qui travaillent avec de grosses marques derrière eux. Ce n'est pas toujours de la bonne cuisine...

Animer un blog c'est déjà de l'écriture, mais vous avez aussi une autre passion autour de l'écrit...

Depuis toute petite je suis une grande lectrice. J'ai commencé par écrire un premier ouvrage qui mélangeait le conte et la cuisine. Et puis j'ai eu envie d'un vrai roman. Je me suis donc lancée, sur le tard, à 50 ans, dans un premier roman qui s'est transformé aujourd'hui en trilogie. J'ai envie d'alterner livre de cuisine et ouvrage de fiction. Écrire une recette c'est aussi raconter une histoire. Il y a une façon de présenter les choses, il faut donner envie. Et là, je suis en train de "mitoner" un nouveau roman...

La recette du moment de Marie-France : Dos de lieu et risotto de chou-fleur

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Photo : Marie-France Thiery

"Le noir sera beaucoup moins cher, le jaune présente plus de finesse en goût.

Sur le même principe qu’un risotto traditionnel, je coupe le chou fleur très finement, de manière à obtenir des petits dés qui rappellent les grains de riz.

Ensuite, il suffit de les faire revenir à la poêle dans de l’huile chaude, avec une échalote ciselée et de mouiller progressivement, jusqu’à cuisson totale, avec du bouillon de volaille.

Je termine en ajoutant de la crème dans laquelle ont infusés quelques filaments de safran et je rectifie si nécessaire l’assaisonnement (les bouillons sont généralement très assaisonnés).

Pour le filet de lieu, il est tout simplement poêlé dans un tout petit peu d’huile chaude. Je parsème de fleur de sel et je donne quelques tours de moulin à poivre au dernier moment, dans l’assiette.

Facultatif : un petit trait d’une très bonne huile de pistache apportera la touche finale pleine de finesse.

Vous pouvez accompagner dans l’assiette d’une galette de millet ."

Le blog de recettes de Marie-France Thiery et  son blog d'écrivain

Photo : Philippe Bertheau - Remerciements : magasin Marmites & Cocottes à La Roche-sur-Yon

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