Marianne-Amina Huvet : l'infirmière yonnaise se lance dans l'écriture

Marianne-Amina Huvet a plusieurs talents artistiques à son arc. Dont l'écriture. Cette Yonnaise vient de publier son premier livre : « La fantastique histoire du petit Paulin ». Une aventure littéraire qu'elle nous fait partager.

Marianne-Amina Huvet, vous êtes maman d’une « tribu » de quatre enfants et vous êtes franco-sénégalaise. 

Oui, je suis métisse et je vis à La Roche-sur-Yon. Je suis infirmière, coach en relation d’aide, auteure, chanteuse et conteuse. J’adore les chevaux et la nature. Je pratique l’équitation et la marche active. Je suis quelqu’un de curieux et de passionnée.

 Et l'une de vos passions, c'est l'écriture.

 Oui. Je suis amoureuse du mot et de ses sens cachés ou révélés. J’adore le moment où « je prend mon stylo magique » (pas n’importe lequel !), mon cahier et … le nez en l’air à mon bureau ou n’importe où d’ailleurs, je guette la phrase, l’idée, l’image qui va m’emporter ! Tout se bouscule parfois tellement vite dans ma tête que mon stylo « même magique » n’arrive pas à retranscrire sur le papier.

Sur le papier ? Pourquoi ne saisissez-vous pas vos textes sur ordinateur(c’est notre côté geekette qui parle...) ? 

Ah non, fi de la technique au moment de l’élaboration, de la créativité. Je veux sentir mon stylo dans ma main et le papier sous ma plume. J’écris depuis bien longtemps (la datation au carbone 14 parle de 40 ans. J’avais à peine 15 ans lorsque j’ai commencé à écrire).

 Vous êtes aussi chanteuse ?

Mes chansons sont mises en musique par René, mon compagnon, pianiste et compositeur. Nous avons l’immense plaisir d’être sur scène ensemble, que ce soit pour le chant-piano ou pour des contes musicaux. En effet, nous mettons certains de mes contes en musique.

Et il arrive aussi qu’un de mes manuscrits soit édité : c’est la grande aventure que je vis avec « La fantastique histoire du Petit Paulin ». Lorsque vous êtes réveillé par un coup de fil qui vous dit…

 Que vous êtes éditée !

 Oui, dans des termes plus édulcorés ! Là vous vous demandez si vous ne rêvez pas. J’ai ressenti vraiment ce que c’était d’être en apesanteur. Toute la journée j’ai plané.

Ma « tribu » était fière et abasourdie.

 Votre « tribu » est fan ?

 Oui. La « tribu » est le fan d’hier, d’aujourd’hui et de demain !

Alors le « Petit Paulin », son histoire ? Cela raconte quoi ? Et ça vous est venu comment ?

 En fait l’histoire du « Petit Paulin » a commencé par une vision et une phrase qui revenait comme un refrain : « Je porte la torque des princesses du nord, je suis fille de prince ».

J’ai laissée tout l’écrit qui a découlé de cette vision de côté pendant un moment. Et, un jour, en commençant à rédiger «  La fantastique histoire du petit Paulin », j’ai compris que cet épisode s’intégrait dans le récit qui prenait vie.

C’est donc la vie, l’aventure d’un petit garçon à travers la vie de sa mère. Il y a du mystère, des joies, des peines.  Cela se passe au Moyen âge et cet enfant va être enlevé à ses parents et élevé dans le château de Mauregard. Il y a du sentiment sans jamais être mièvre.

Il y a quelque poudre de magie humaine : les runes. Il y a des épisodes avec les animaux. Beaucoup de choses sont vraies. Je les tire de mon vécu et de ce que j’ai appris en faisant parler les mémoires.

 Amina, en résumé, « Le Petit Paulin », c’est quoi ?

Joie et tristesse, apprentissage, aventure, initiation, relations humaines, tolérance. Et plaisir, beaucoup de plaisir à écrire et ainsi à communiquer avec les autres.

 En bref, j’ai trois journées en une. Je suis organisée pour me permettre de faire tout ce que je veux ou à peu près, car à la fin d’une journée , j’ai toujours l’impression que je n’ai pas eu le temps de tout faire. On va dire que je mène tout de front mais sans speed, sans stress.

 Plutôt zen, Marianne-Amina ?

Oui, tout en étant très dynamique, je sais m’octroyer des temps de pause dans la journée, ce qui me permet de recharger les batteries et …

Et maintenant un volume 2 (1) ?

 Oui et d’ailleurs, veuillez m’excuser mais j’ai le stylo magique qui m’appelle (sourire).

 « La fantastique histoire du petit Paulin », Editlivre Classique collection, 2012. Conte, à partir de 11 ans. Prix : 14 € (prix conseillé). 

(1) Ce second volume devrait sortir dans les prochains mois, pour le Festival du Livre de Montaigu ( du 11 au 13 avril 2014).

 

Un p'tit extrait pour la route ?

 "Irina et le Petit Paulin"

"En ces temps reculés, l’hiver était rude dans les montagnes de France. Et cette année là, l’hiver était  plus rude encore. Des vents glacés blanchissaient les plaines en y déposant un linceul de givre. La nature était silencieuse comme anesthésiée par ce froid mordant.
Le cri strident d’un oiseau de proie perçait de temps à autre ce silence pesant. Paulin était le seul enfant d’Irina. Il était aussi brun que sa mère était blonde. Son teint prenait la couleur du pain d’épice en été, tandis que celui de sa mère gardait le rosé et le velouté de la pêche. Ses yeux très noirs contrastaient avec le bleu limpide du regard d’Irina mais dans les traits de l’enfant on retrouvait sa douceur toute féminine. Ils vivaient tous deux dans un petit village de pierre accroché à la montagne. On y accédait par un chemin caillouteux. Son tracé tortueux était souvent arrêté par des chutes de monolithes énormes qu’il fallait alors escalader avec précaution. Ces barrières naturelles protégeaient les villageois des rapines qui étaient courantes dans la région. Les robustes bâtisses semblaient tenir à la paroi rocheuse par l’unique volonté d’un obscur magicien. Mais pour le pèlerin de passage, seule la main de Dieu avait aidé l’homme à maîtriser les lois vertigineuses de l’équilibre."