Le pilote Nicolas Marroc roule sans problème de transmission

Nicolas Marroc a ouvert une école de pilotage sur le circuit de Fontenay-le-Comte. Le pilote vendéen s’est révélé sur le tard. Fort de son expérience, il souhaite désormais la partager auprès du public, tout en continuant à rouler.

Visière orangée relevée. Sous son casque, Nicolas Marroc semble détendu. Il a chaussé ses gants. Il ferme son casque. Et c’est parti ! Il met la gomme même dans les stands. Il est comme ça, Nicolas. C’est un rapide. Le baptême en Formule Renault biplace dure environ 3 minutes et 30 secondes. Le temps de prendre votre pied juste derrière le pilote vendéen. Et il y va ! Le freinage au bout de la grande ligne droite vous propulse en avant (je vous parle en connaissance de cause : j’ai eu la marque des lanières de sécurité sur les épaules pendant près d’une semaine!). Ces sensations, vous pouvez les vivre à l'école de pilotage 3C , créée par Nicolas Marroc.

Il y a dix ans, qui aurait cru que le Yonnais irait à 200 km/h à quelques centimètres au-dessus du sol ? L’histoire a voulu que Nicolas ait comme ami le fils du propriétaire du karting de Belleville-sur-Vie. « A chacun de ses anniversaires, nous allions faire du karting, se souvient le pilote. J’ai bien accroché. Mes parents m’ont finalement offert un kart pour mes 16 ans. Un an après, je suis parti au Mans passer des sélections. Et j’ai été repéré. » Les débuts ont pourtant été chaotiques. « Lors de ma première course en amateur, ça se passait bien, se rappelle Nicolas Marroc. Et à quelques tours de l’arrivée, je me suis cassé la clavicule. Ma mère n’a pas apprécié. Elle a pris peur. Elle a vu que c’était un sport à risque. »

 

Perdre 15 kilos

 

Résultat, ses parents ne l’ont pas vraiment soutenu. « Ils m’ont fait rencontrer les bonnes personnes, précise aussitôt Nicolas Marroc. Mais ils n’ont jamais poussé dans un sens ou dans l’autre. » Sa mère se souvient de son entrée au Mans : « Ils m’ont dit qu’ils prendraient Nicolas à condition qu’il perde 15 kilos. Il avait tout l’été pour perdre du poids. Je me suis dit qu’avec ma cuisine au beurre, il n’y parviendrait pas. Et à la rentrée, il avait perdu 15 kilos... » Déterminé le Nicolas!  « Il avait aussi une obligation de réussite scolaire, ajoute-t-elle. Il lui fallait obtenir une moyenne suffisante. Et il a fait le nécessaire pour avoir atteindre son objectif. »

Direction Le Mans. Et un nouvel univers pour Nicolas. « Je me suis retrouvé à l’internat de l'Auto Sport Academy du Mans, loin de mes parents, raconte le pilote. C’était du sport de haut niveau. On était considéré comme des jeunes espoirs. Je ne me suis pas posé trop de questions. Avec les autres pilotes, on découvrait quelque chose ensemble. Ça marchait sportivement année par année. » Des cours en accéléré d’anglais, de marketing, de média-training. « L’objectif était de savoir si malgré tous les à-côtés, on était capable de supporter la pression, analyse Nicolas,  d'être capable de se retourner sur ce qu’on a fait lorsqu’on fait une course, d'être toujours positif avec l’équipe. »

 

Les 24H du Mans et Sébastien Loeb

 

Le sport auto, ce n’est pas que du pilotage. Il y a aussi une grosse partie physique. « Je fais en moyenne 12 à 15h de sport par semaine, confie Nicolas Marroc. Les activités sont axées sur le cardio, pour l’endurance. Il y a un travail de renforcement pour muscler le cou, les avant-bras. Sans oublier de bosser le mental. » A force d travail, Nicolas a monté les échelons. « J’ai fait la Formule Renault jusqu’au GP2 en 2011, dit-il. Puis j’ai pris un tournant. Je suis allé vers l’endurance. J’ai intégré le JMB Racing. Ça m’a permis de participer aux 24H du Mans. » Il finit d’ailleurs 4e en catégorie LMGTE (Le Mans Grand Touring Endurance).

Nicolas réalise ensuite un rêve. Il rejoint le Sébastien Loeb team Racing en 2012. Cela lui permet de participer au Porsche Carrera Cup et aux 6H du Castellet. Course dans laquelle il termine 2e en LMP2 (Le Mans Prototype Catégorie 2), en 2012. Il continue de rouler. Et il décide d’enseigner. « En parallèle, j’ai passé le DEJEPS (Diplôme d’Etat de la jeunesse, de l’éducation populaire et du sport), affirme-t-il. Vu que je suis Vendéen, j'ai choisi le circuit de Fontenay-le-Comte pour créer une structure. C’est tout simplement pour se faire plaisir, partager ma passion. Et enseigner à ceux qui veulent pour qu’ils puissent se perfectionner. » L’école de pilotage a été inauguré le 30 août 2013. Avec les gens qui l’ont toujours soutenu : famille, amis, sponsors…

 

Des émotions fortes

 

A 27 ans, sa carrière n’est pas terminée. Et il garde déjà des souvenirs en tête. « En 2010, lorsqu’on fait une pôle en F3, se souvient Nicolas. Les courses en GP2, ma première participation au Mans. Ma première course en karting ! C’est plein de petite chose qui te tienne à cœur parce que c’est des moments magiques. Avec l’équipe, on vit des moments forts tous ensemble, on voyage aussi. Et j’espère encore vivre d’autres bons moments. » Les souvenirs, c’est aussi des passages plus sombres : « Mes premiers accrochages, les sorties de pistes. L’année 2013 a été particulièrement noire pour le sport automobile avec une dizaine de pilotes décédés. Quand on voit un camarade décéder en milieu de course… » De quoi rappeler que c’est une activité dangereuse.

Et si Nicolas avait commencé plus tôt ? Il aurait pu être encore meilleur. Mais avec des si... Il n’hésite pas à donner quelques astuces pour ceux qui souhaitent devenir pilote. « Il faut connaître ses objectifs et être bien encadré au départ, explique-t-il. Cela permet de prendre les bonnes décisions. Il faut écouter les bonnes personnes. Et il faut peut-être un petit peu plus de talent au départ. Mais comme partout. Il y a des gens doués qui se reposent parfois sur ce don. Et d’autres qui sont moins doués mais bossent durs pour y arriver. »

Nicolas bosse. Il fait des allers-retours. Un jour sur la piste de Fontenay. Un autre avec le team Sébastien Loeb Racing. Il s’entraîne actuellement pour la première manche du GT Tour qui aura lieu au Mans les 26 et 27 avril. Vous l’apercevrez peut-être à Fontenay. Pas longtemps. Casque sur la tête. Visière baissée. Il sera déjà 100 mètres plus loin.

Retrouvez Nicolas Marroc sur son site internet .

A lire aussi l'article de Shoesaddict2, notre rédactrice passionnée de conduite automobile sportive : "Et toi,  tu voudras faire quoi quand tu seras grand?"

Veuillez vous connecter pour faire des commentaires