Le Festival international du film #4 tire sa révérence

Une cérémonie marquée de l’emprunte sereine d’un jury international. Le fil conducteur d’un festival en phase avec « son époque.» Un film qui sort du lot : Computer Chess.

Place était faite aux femmes, cette année. Lundi 21 octobre, lors de la cérémonie de clôture, on a pu l’entendre de la bouche des représentants du Prix du Public : « l’importance du cinéma de femmes au festival de La Roche-sur-Yon était mise en avant cette année ». Amira Casar (présidente du jury international), Kelly Reichardt (invitée d’honneur), Shirley Clarke ou Barbara Loden en sont la preuve. La place des femmes dans le cinéma d’aujourd’hui est grande, et le Festival international du film de La Roche-sur-Yon l’a souligné. Amira Casar : « c’est stimulant. En tant qu’acteurs on aime bien être stimulés, et j’espère être stimulante. »

Cette cérémonie de clôture a permis de fermer, des portes désormais ouvertes. Les portes d’un cinéma indépendant, les portes du cinéma américain de Reichardt, les portes de l'œuvre folle mexicaine de Nicolás Pereda, les portes d’un septième art par Xavier Beauvois... « Du Sénégal à New York (…), de la Loire à la Chine », annonçait d’entrée Charlotte Serrand,  coordinatrice de la programmation.  Une globalisation du cinéma que le FIF se permettait alors de dévoiler, depuis mercredi 16 octobre. « Un festival dans l’époque, avec les films et les cinéastes de l’époque », évoquait alors le délégué général du festival, Yannick Reix. Et de poursuivre : « Kelly Reichardt avait oublié qu’un festival, c’était autre chose que de passer son temps dans les salles de maquillage. Ici on est prêt des spectateurs."

80 films projetés. Un public. Et la citation du défunt Patrice Chéreau prend tout son sens : « le cinéma est un lieu du réel et de la vie, c’est pour ça qu’on se sent ici chez nous. » Et le public s’y est senti, chez lui. Une ouverture marquée par cet hommage à une Bernadette Lafont jeune et rayonnante dans un film, Les Godelureaux (1960), où elle dévoilait toutes ses aptitudes d’actrice, à la fois frêle, séduisante, trompeuse et surprenante. Une programmation plurielle, et une compétition à huit films. 

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Palmarès 2013. Dans cette cérémonie concluante, le Prix du Public est allé (après citation du Brésilien Paulo Coelho – « si vous pensez que l’aventure est dangereuse, je vous propose d’essayer la routine. Elle est mortelle » –), au film français L’homme-fumée, de Cédric Laty et Vincent Gérard. Le Prix de la Presse a été décerné à l’étonnant Computer Chess, de l’Etasunien Andrew Bujalski. Quant au Grand Prix du jury, il a dû attendre un peu. Car ce jury, présidé par l’actrice Amira Casar et composé du journaliste-critique Carlo Chatrian, du musicien Mirwais, du critique Jean Narboni, et de l’actrice Laetitia Dosch, a décidé, « compte-tenu de la qualité », de décerner une Mention spéciale du jury international à Emperor visits the hell, du Chinois Luo Li. Un Grand Prix attribué à – encore lui – Computer Chess. Un film qui a marqué l’édition 2013 de son emprunte : humour noir, parallèle(s) passé-présent, satire sociale, dominance croissante de la technologie. Modernité passée. Folie.

Alex Lipschultz (producteur de Computer Chesset Luo Li (réalisateur de Emperor visits the hell). La quatrième édition du Festival international du film de La Roche-sur-Yon est terminée. Comme un symbole, c’est le dernier long métrage des frères Coen qui l’a conclu : Inside Llewyn Davis. Un film musical, où la folk music prône, où l’humour soudoyant prime, où la répétition insiste. Comme une énième remarque à la prog’ osée du FIF. Un film marrant quoi.

 

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