La cérémonie du Festival International du Film comme si vous y étiez 

On a tous nos clichés sur ce que doit être une cérémonie de clôture d'un festival du film, sans jamais même avoir eu la chance d'y mettre le bout d'un escarpin. Impossible rêve. Alors, imaginez ! Avoir un tel &vénement en bas de chez soi, à La Roche-sur-Yon city, plus le précieux sésame en mains pour cette cérémonie de clôture, c'est royal. Mais, en fait, cette cérémonie du FIF 85 , elle ressemble ou pas à vos rêves les plus cinéphiles ?

 

La cérémonie de clôture du Festival du Film de La Roche-sur-Yon, ce n'est pas ...

  • Tapis rouge et montée des marches.  Une touche d'orginalité, histoire de bien se démarquer du festival (pompeux) de Cannes et de ses starlettes dénudées ? Nous, à La Roche-sur-Yon, notre particularité, c'est la sobriété. Bien plus classe. En plus, le palais du festival cannois, il est laid alors que le Manège et ses façades vitrées et éclairées de jolies lumières multicolores à la nuit tombée, c'est moderne, rayonnant comme une étoile dans la nuit ... On en fait un peu trop ? C'est bien un article pour un festival du film, non ? En plus, on n'est jamais mieux servi que par soi-même! D'ailleurs, petite rectification, on a bien une montée des marches .... et même plusieurs! Et oui! Bon, ok, ces marches, elles sont à l'intérieur. Pour accéder à la salle, les festivaliers comme les acteurs et réalisateurs ont emprunté l'un des nombreux escaliers qui la desservent. C'est juste moins élitiste et plus chaleureux que sur la côte d'Azur. C'est tout.

 

  • VIP.   Pas de cérémonie sans carton d'invitation. Dimanche soir, il fallait montrer pattes blanches pour assister à l'événement. Environ 800 privilégiés seulement avaient réussi à obtenir le précieu sésame. Il fallait se lever tôt, être élus, organisateurs, partenaires ou média pour l'avoir... Et encore, il ne fallait pas traîner. Le mardi, j'étais "officiellement" la dernière à avoir mon billet! Mais c'est ça, aussi une cérémonie : un nombre de places limitées pour rendre l'instant plus grandiose.

 

  • Smoking et robes de grands couturiers.  Attention, je n'ai pas dit que festivaliers et artistes étaient habillés comme des sacs. Tout le monde, il était beau. Beaucoup avaient même sorti leurs habits du dimanche (vu qu'on était dimanche...) . Il y avait des costards cravates, de jolis ensembles et de beaux bijoux. Mais peu de tailleurs italiens, aucune robe de luxe dont le prix vaut celui de votre maison et dont la longueur est un appel à se prendre les pieds dans le tapis (même s'il n'y a pas de tapis).  Comme chez Mac D. (qui préfère rester anonyme), vous êtes venus comme vous êtes ... en mieux. Après tout, vous êtes là par amour du cinéma, non pour parader, non ?

...  Mais c'est bel et bien une cérémonie de clôture d'un festival du film car il y a eu ...

  • Un festival du film avec une centaine de films et de courts-métrages programmés pendant une semaine.  Du lundi 12 au dimanche 18 octobre, du matin jusqu'au soir, 20 000 festivaliers environ - des scolaires, des cinéphiles ou des Yonnais de passage- sont venus voir un ou plusieurs films à l'affiche. Jusqu'à 4 à 5 films en une journée pour certains accrocs! Beaucoup d'avant-premières (françaises ou internationales), de vieux films remastarisés, des films plus récents sortis des écrans mais pas de nos souvenirs, aussi bien des pépites que des OFNIs (Objets filmés non identifiés). On est parfois sortis perplexes des séances, scotchés, mais rarement indifférents. Et surtout, on a quitté le cinéma Le Concorde  pour voir des films au Manège et au théâtre. Et même si les fauteuils sont moins confortables, moins moltonnés que ceux du Concorde, quelle classe, quelle magie de découvrir un film dans un si bel écrin que ce théâtre à l'italienne. Une occasion à renouveler pour d'autres séances spéciales...

 

  • Des rencontres et un palmarès.  Pas de festival du film sans d'instants privilégiés entre des acteurs, des réalisateurs et leur public. Les festivaliers sont sans doute des cinéphiles mais ils sont là aussi pour entendre et échanger avec celles et ceux qui les font rêver. Incroyable Vincent Lindon capable de tenir en haleine pendant 30 minutes un public adolescent tout en leur "donnant" des leçons de cinéma et de vie. "Je pensais pas qu'il était aussi drôle" , pouvait-on entendre au bout de la rangée. Emotion intense de pouvoir dire en direct à deux réalisateurs que leur film nous a bouleversé, que c'est un grand film. Croiser les doigts pour que le jury lycéen distigue "Simon " dans la compétition Trajectoire. Que votre prémonition se réalise. Au final, 8 prix ont été décernés pour cette 6e édition.  Et cocorico vendéen pour "Tempête". Tourné aux Sables, le film a obtenu au Festival de La Roche-sur-Yon, sa 3e récompense après Venise et Namür! Et pas la moindre : le prix du public.

 

  • Des photographes et des médias au taquet.  Pas de paparazzi d'accord. Mais on avait mieux, des photographes talentueux dont l'un expose en ce moment au Fuzz Yon . Et les médias locaux se sont donnés à fond pendant sept jours non stop pour vous faire vivre à 100 % ce Festival du film de La Roche-sur-Yon. Difficile de passer à côté. Dimanche, ils étaient là, au pied de la scène ou dans la salle, ne perdant pas une miette de la cérémonie pour mieux vous la partager. Sans eux, avouons-le, ce festival n'aurait pas eu la même dimension.

 

  • Un cocktail après la cérémonie.  Cocktaïl fourni avec son lot de pique-assiettes bien-sûr. Incroyable. A se demander si tous ont bien vu un film cette semaine, si occupés à jeûner qu'ils étaient pour "profiter" un maximum de cette "cérémonie" gastronomique. Faut-il rappeler les délicieux petits-fours offerts par la Ville et les commerçants du centre-ville étaient gratuits? Et bien, oui, on avoue, on a réussi à se frayer un chemin jusqu'à la table et à goûter quelques amuses-gueules salés. Pas de sucrés car il y avait eu un braquage express. Professionnalisme oblige... Bon, ok, j'avais faim.  Et je reconnaîs qu'une cérémonie de clôture d'un festival du film, sans son cocktail et son cortège d'experts du grignotage, n'aurait pas la même saveur. Cela fait partie du folklore, du charme. Et quant à la majorité des invités, sans assiettes surchargées de petits fours, ils ont pu emporter un souvenir bien plus précieux et "So festival" : un cliché dans le photocall. Et toc!

Notre palmarès à nous

Roulement de tambours. En compétition ou non, la rédaction de La Roche & elles (enfin surtout Marie La Myope) a vu une quinzaine de films. Voici nos 3 coups de coeurs.

  • "Phantom Boy" d'Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli : émouvant et poétique ! L'intrigue policière qui se trame dans un New York rétro est palpitante. Superbement doublé par Edouard Baer, Jean-Pierre Marielle et Audrey Tautou. Les enfants dans la salle ont adoré et Marie La Myope aussi !
  • "El Club de Pablo Larraín ": Quel est ce club ? Que se trame-t-il dans cette minuscule confrérie de quatre hommes qui partagent une maison avec une bonne sœur ? Un rythme lent pour une fin tonitruante, qui m'a laissé sans voix ! (dixit toujours Marie La Myope);
  • "Simon" d'Eric Martin et d'Emmanuel Caussé : une sacré claque, une émotion intense et juste. A aucun moment, le film ne tombe dans un pathos déplacé ou voyeuriste. "Simon" raconte le destin brisé dans un adolescent victime d'un cancer. Une ode à la vie contre toute attente. Un jeu d'acteur fort pour Zaccharie Chasseriaud, Gustave Kervern et Corinne Masiero.

Crédit photo : ©Philippe-Bertheau.

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