J'ai testé pour vous ... la reconversion professionnelle

À quarante ans passés, après avoir restauré des œuvres d’arts pendant 15 ans, j’ai décidé de restaurer l’estime de soi des personnes qui en ont besoin ! Voici l’histoire d’une reconversion professionnelle osée mais réussie.

La fierté de mes parents ! Conservatrice-Restauratrice du patrimoine ! Quel beau métier ! Ah ce n’est pas banal ! Vous êtes très peu nombreux! Quelle patience ! Et vous avez fait les Beaux Arts?

J’ai exercé le merveilleux métier de restauratrice de peintures, j’ai eu la chance de travailler dans des chantiers prestigieux à Paris et ailleurs ; dans des ateliers  tels que j’en avais rêvé où la bonne humeur côtoyait le professionnalisme, sur des œuvres de musées, d’églises ou de particuliers. J’ai adoré mon métier, je me suis attachée à mes tableaux, à mes pinceaux, aux parfums des solvants mélangés à ceux des vernis et des colles. J’ai manié la feuille d’or, la retouche et le doublage avec un immense plaisir pendant 15 ans.

Et puis, peu à peu la lassitude a commencé à se faire sentir. Les tableaux parlent peu, certains sont mutiques !  Le parfum des solvants est devenu odeur puis allergie ; j’ai commencé à redouter chaque intervention. Les petites églises de petits villages qui me semblaient si charmantes sont devenues sales, poussiéreuses et hostiles. Mais je faisais un métier tellement admirable que je n’osais pas avouer que j’en avais RAS-LE-BOL !

Jusqu’au jour où une personne (qui ne saura jamais qu’elle a changé ma vie) a prononcé les mots révélateurs : " De toute façon, quand on se lève le matin et qu’on n'a plus envie d’aller travailler, il faut changer de métier. " Alléluia ! Oui, mais…

Changer de métier, changer de métier …t’es bien gentille ma cocotte mais moi à part manipuler les pinceaux, je ne sais rien faire !

 

Qu'est ce que j'aime ?

Alors là, c’est vrai qu’entre le moment où on s’avoue qu’on veut arrêter et le moment où on sait ce qu’on va faire à la place, il y a une petite période, un peu délicate, d’introspection…Qu’est ce que je veux faire ?

Ce que j’aime c’est la beauté, l’esthétique, les arts : fleuriste ? C’est beaux les fleurs !

Ce que j’aime c’est les pinceaux et la couleur : prof d’art plastique ? Tu passes le CAPES ! Ce que je veux c’est avoir en face de moi des personnes qui me parlent : ou Instit’ comme ta sœur !

Ce que j’aime c’est l’évolution vers le mieux, que les gens me disent ce qu’ils souhaitent,  comment ils se sentent : coach ? Y a une formation à Angers !

Ce que je veux c’est rendre les gens heureux, les faire sortir d’eux mêmes : sage femme ? Tu commences médecine !

Ce que je veux c’est offrir mes services à toutes les catégories de la population. Je veux aider les gens à être mieux dans leurs baskets, à trouver un emploi : assistante sociale? Tu retournes à la fac !

Je voudrais faire tout ça, mais dans le même métier…Tu nous pompes l’air ! Retourne à tes tableaux !

Ah merci, on se sent aidée…et puis finalement…j’ai trouvé :

Je veux être conseillère en image !! Je serai coach, je travaillerai à faire émerger la beauté de chacun, pour qu’ils se sentent mieux, qu’ils soient heureux, qu’ils le disent et retrouvent un emploi ! Je serai une accoucheuse de bien être.

 

N'hésitez plus !

Là aussi, c’est vrai qu’entre le moment où on a trouvé ce qu’on veut faire et le moment où on retourne sur les bancs de l’école, il y a une petite période délicate de montage financier et d’organisation générale. Car reprendre des études à 42 ans avec 4 enfants, c’est moins simple qu’à 18 ans. Mais ça se fait ! Certes, on se retrouve avec de jeunes étudiantes et on lit dans leurs regards navrés qu’on n’a pas 18 ans…

Mais on retrouve la joie de préparer son cartable, d’aller prendre son train au petit matin, de ne rien faire d’autre dans la journée que d’engranger des connaissances, de préparer ses examens, de partir en stage.

Bon, c’est sûr, le retour est un peu compliqué le soir, car les enfants sont conciliants et sympas mais ils ont eux-mêmes leurs cartables, leurs devoirs, leurs évaluations et leurs estomacs.  Mais sommes toutes, une année est vite passée et le diplôme en poche me revoilà parmi les actives !

Alors voilà, pour toutes celles qui le souhaitent  mais qui hésitent… N’HÉSITEZ PLUS ! Changer de métier, c’est possible ! Et avoir plusieurs expériences professionnelles dans une vie, c’est tellement riche !

Et comme dit Confucius :"  Choisissez un métier que vous aimez et vous n’aurez plus jamais à travailler un seul jour de votre vie ".

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