"Her" de Spike Jonze ou l'amour transmatière

"Her" de Spike Jonze pourrait se résumer en une phrase : un homme tombe amoureux de son système d'exploitation. Plutôt étrange au premier abord... mais c'est loin d'être réducteur! C'est au contraire, une porte ouverte à de nombreux axes de réflexion.

Aujourd'hui, nous communiquons déjà par Internet avec d'autres êtres humains. Mais ils sont parfois dissimulés derrière des avatars. Voici un film qui interroge sur l'évolution future de la société et des rapports humains. Notamment sur la place du virtuel, en particulier dans les relations. Mais aussi sur notre mode de vie et sur son évolution future.

Le personnage principal, Théodore (incarné par Joachim Phoenix), lui, communique avec une entité virtuelle qui, en plus, est évolutive (interprétée par la sublime voix de Scarlett Johansson). Il est loin d'être un cas isolé, il n'est pas le seul à entretenir une relation amicale ou amoureuse avec un OS (système d'exploitation). Fiction ou futur proche? Dans un décor citadin très présent et esthétisant. Sur une musique d'Arcade Fire d'où se dégage une ambiance plutôt contemplative pouvant rappeler Lost in Translation. Théodore recommence à vivre après une séparation, à échanger, à ressentir... Mais où mène une telle relation? Quel impact aura-t-elle dans sa quête personnelle? Mélange de science-fiction et de romance, "Her" est un de ces films qui ne laisse pas indifférent, qui ouvre la discussion et le débat : éthique, philosophique et pourquoi pas numérique...

"Her" a reçu l'Oscar du meilleur scénario, il est actuellement diffusé en version originale au cinéma Le Concorde.

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