Florence Faivre, la nouvelle directrice du Grand R est passionnée!

Issue de La Méridienne, scène conventionnée de Lunéville en Meurthe-et-Moselle, Florence a été l’heureuse élue, à l’unanimité du jury, parmi les 40 postulants au poste de Directrice du Grand R. Sa conception citoyenne de la culture nous a interpellé et elle nous a accordé quelques instants de son précieux temps.

Quel a été l’élément déclencheur du choix de votre projet ?

  • Mon projet répond parfaitement aux missions des scènes nationales. Il est pensé en fonction d’un territoire et d’une réalité locale, faite de multiples potentialités de collaboration avec de nombreuses associations culturelles de grande qualité. Il est équilibré et en adéquation avec les fondamentaux de cette maison (accessibilité à la culture et partage). Il comporte un volet d’actions culturelles et d’éducation artistique sur l’ensemble du territoire vendéen. C’est une vraie chance ! 

Le Grand R programme des spectacles de théâtre, de danse, de musique, de cirque, et de littérature. Le travail sur la littérature est important pour vous. Comment comptez-vous le développer ?

De façon pluridisciplinaire! Je la ferai vivre au même titre que les autres disciplines. Le Grand R est la seule scène nationale qui a un pôle littérature et cela renforce l’aspect spectacle vivant. Nous poursuivons les résidences d’auteurs et je veux surtout les emmener à la rencontre de tous les publics du département vendéen. L’auteur François Beaune (un des artistes associés) va mener avec nous une aventure totalement délirante et dingue : la création de brigades de collectage d’histoires vraies dans tout le département pour aboutir à une cartographie par le récit de la Vendée. Pour restituer ce matériau littéraire, nous proposerons des contes radiophoniques, des balades sonores et des points d’écoute sur l’esplanade qui nous relie à la médiathèque. Il y aura aussi une édition papier et numérique.

Vous vous dites soucieuse des jeunes générations. Comment comptez-vous capter un public plutôt exigeant et très sollicité ?

Sollicités, on l’est tous ! Nous allons continuer à rendre accessible le Grand R à tous les publics. Le spectacle vivant est d’une telle richesse et d’une telle diversité, d’un tel éclectisme en terme d’univers d’écriture que tous les publics peuvent s’y retrouver et se laisser surprendre. Je ne crois pas à la vision de générations : la génération est une somme d’individus et chaque individu est dans son propre cheminement intime.

Vous êtes Yonnaise depuis janvier 2014. Quel est votre ressenti sur le public vendéen ?

Nombreux, chaleureux et curieux à l’endroit des artistes et de leur travail. Que du bonheur ! Je suis présente à chaque représentation et je vais volontiers à l’encontre de ce public extrêmement détendu, cordial et ouvert.  Cela me convient parfaitement.

Que pensez-vous du rôle et de la place de la culture en France ? Plus précisément, ici, à La Roche-sur-Yon ?

Le monde entier regarde la France car notre culture est une source d’attractivité énorme. Économiquement, cela représente sept fois plus que l’industrie automobile !

C’est une source de rentabilité économique incroyable. Il y a une phrase de Malraux qui dit  : « La culture, c’est ce qui répond à l’homme quand il se demande ce qu’il fait sur terre ».  

Pour moi la culture, c’est avant tout un chemin d’émancipation intime et personnelle. C’est une source infinie de connaissance, de divertissement, de curiosité, d’ouverture à l’autre. De prise de conscience aussi, qu’elle soit morale ou politique. La culture, c’est avant tout ce qui brise les certitudes. C’est ce qui me passionne dans notre quotidien : on ne peut pas avoir de certitudes quand on fait ce métier. Je pense que les hommes politiques ont tout intérêt à entendre le monde artistique parce qu’ils ont des antennes juste formidables. 
À La Roche-sur-Yon, il y a un vrai héritage par le militantisme d’opérateurs culturels, associatifs, par la présence de compagnies professionnelles au parcours très fort artistiquement. Je suis ébahie par la qualité de leur travail. En Vendée, on a la chance d’avoir cet outil de rayonnement national. Il appartient à chacun d’entre nous de faire fructifier ce potentiel.

 

Vous l’aurez compris : Florence Faivre est une femme étonnante pour qui la vie est « fantastique » et ce qui la fait pétiller, nous dit-elle, c’est l’inattendu. C’est que chaque jour, quand on se lève, on ne sait pas ce qu’il va se passer et « ce qui compte, c’est d’être heureux » !

Ecrit avec la collaboration d'Emilie Sicot.

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