Emilie va tout quitter pour aller vivre à l'autre bout du monde !

Emilie Sicot est Vendéenne, graphiste et passionnée de parachutisme. Célibataire sans enfants, bohème dans l’âme, rebelle, tatouée, elle est remplie de projets et d’envies de découvertes. Le 1er juin 2015, elle va tout quitter pour aller vivre en Nouvelle Calédonie, à Nouméa exactement. 

Pourquoi partez-vous ?

Cela faisait plus de 15 ans que j’avais envie de découvrir ce territoire.  Cette île me hantait, sans vraiment savoir pourquoi. 

En octobre 2013, j'ai eu un accident de parachute avec une double fracture tibia / péroné au niveau des malléoles. Près d'un an plus tard, enfin remise de mon accident, j’ai eu envie de reprendre ce sport, mais dans un autre lieu. Pourquoi pas en Nouvelle Calédonie? J’ai alors tout fait pour pouvoir combiner mon sport et mon rêve : découvrir ce territoire tant désiré.

Dès mon arrivée à Nouméa, en septembre dernier, j’ai ressenti quelque chose d’inexplicable. Je suis tombée encore plus amoureuse de l’endroit, du climat et de ce bien-être intérieur. J’y ai aussi fait de très belles rencontres (grâce notamment à mon réseau de métropole).

Le séjour touchant à sa fin, j'aurais voulu rester sur place. Le retour a été une déchirure et ce, dès le décollage. Ce vol Nouméa-Paris, je l’ai passé à pleurer et à me rendre compte que je voulais vivre en Nouvelle Calédonie, qu'il fallait que j'y vive,  qu'il n’y avait pas d’autres possibilités.

Pendant les 24 heures de vol, j’ai fait le point sur ce que j’allais devoir laisser en France et comment mes projets pouvaient continuer d’évoluer en partant à l'autre bout du monde. Démarches, amis, famille, tout allait être dur, très dur, je le savais... mais pas impossible. Puis, j’ai fini par fixer LA date : Le 1er juin. Arrivée sur place dans la nuit du 3 au 4 juin (3 juin, 14h, heure française). L’achat du billet "aller simple" a été une étape très intense.

Qu'allez-vous faire en Nouvelle Calédonie? Avez-vous trouvé un travail ?

J’ai la chance d’avoir un job qui me permet de faire du télétravail. Je suis graphiste et j'ai ma propre entreprise. Il me faut juste une bonne connexion internet et prévoir un aller-retour grand minimum par an en métropole pour garder le contact avec la clientèle. Je vais donc continuer à gérer ma société restée en France et demander à mon arrivée "une patente" pour pouvoir exercer mon métier sur le territoire en parallèle. Je pars avec une base solide, pour la suite, c’est à l’avenir de décider si mes projets seront, où non, réalisables. 

Votre motivation pour partir ?

Mes tripes ! :)

Jusqu'ici, qu'avez-vous trouvé le plus dur ?

L’administratif, les démarches, le fret maritime et toute l’organisation d’un tel départ sont une vraie horreur. Si ce besoin n’avait pas été omniprésent en moi, j’avoue que j’aurais abandonné le projet. Tout quitter implique de tout reconstruire.   À chaque démarche, j’ai découvert des coûts supplémentaires non prévus et il a fallu jongler avec les chiffres pour en faire un projet complètement réalisable. 

Pendant les six mois de préparation de mon départ, j’ai eu le droit à beaucoup de réflexions du genre : " Quelle mouche t’as piqué ? ",, " Tu as gagné au loto ou quoi?", " Ça va bien la vie pour toi !", "Quand est-ce que tu te poseras ? " … Et j’en passe !  J’aimerais juste rappeler que ce départ n’est pas aussi paradisiaque que la destination. Que je n’ai pas gagné au loto mais priorisé mes besoins par rapport à mon budget, et que ces six mois de préparation ont été les plus durs et  les plus intenses que j’ai  jamais connus.

Ce qui va aussi être douloureux, c’est aussi le fait de quitter mon entourage, mes amis, ma famille. C’est une terrible épreuve. Des moments difficiles auxquels on ne peut échapper. Des moments qui paraissent trop courts ou trop longs. Maintenant, ce qui compte pour moi, c’est de profiter au maximum de tout ce que je vais quitter avant de partir.

Ce qui va vous manquer le plus de la France métropolitaine ?

Mes proches ! Je vais tout vivre autrement : les naissances, les déménagements, les mariages, les anniversaires… La nourriture, bien sûr ! Car, là-bas, il n’y a pas autant de fromage, de pain, de charcuterie, de vin … (car trop cher). La culture française va également me manquer mais je vais en découvrir une autre tout aussi riche.

Partez-vous seule ? Où allez-vous vivre ?

Je pars seule. J’ai normalement un appartement. Je l’ai choisi très bien placé. C’est une étape très difficile à organiser quand on vit à plus de 18 000 kilomètres. Un ami sur place m’a aidée (je signe le bail dès l’arrivée). Une chance que je connaisse le quartier. Comme je travaille à domicile, il est primodial pour moi d’avoir un lieu de vie avec un maximum d’avantages. Je serais donc à 50 mètres de la Baie des Citrons avec vue sur mer et à 100 mètres du port de plaisance, proche de toutes commodités et lieux de vie. C’est un gros sacrifice car le coût des loyers sur place est plus élevé qu’en métropole. Cela implique un changement de vie radical. 

Combien de temps allez-vous rester en Nouvelle Calédonie ?

Je n’ai aucune idée du temps que je vais rester là-bas. J’ai tout fait pour m’y installer dans les meilleures conditions tout en essayant de découvrir un maximum de choses chaque week-end. Seul l’avenir me dira pour combien de temps j’y resterai…

Qu'attendez-vous de ce grand saut dans l'inconnu ?

Ressentir encore et toujours le bien-être que la réalisation d’un grand projet de vie peut provoquer. Rencontrer des personnes sur place, échanger, partager... Et surtout découvrir la Nouvelle Calédonie autrement que par son fameux lagon. Les terres m’intéressent un peu plus. Il y a tant de choses à y découvrir. Les habitants, les randonnées équestres et pédestres, la culture, l’art, la faune et la flore… Puis vivre dans le quotidien d’une île colonisée…, y apporter son " grain de sel " pour aider et soutenir la population dans différents types de projets.

Un conseil pour celles et ceux qui souhaitent, eux aussi, tenter l’expérience d’une nouvelle vie ?

Peu importe le type de projet qui nous tient à cœur : quand on le veut vraiment, on peut le faire. Il y a toujours une ou plusieurs solutions. Il faut toujours garder espoir, tout est réalisable. Il suffit de savoir s’en donner les moyens et de garder le courage face à l’administratif et aux réflexions de l’entourage. La leçon que je tire de cette expérience ? Pour rendre sa vie plus pétillante, il faut aussi savoir passer par son effet contraire !

Veuillez vous connecter pour faire des commentaires