Elle exerce un métier d'homme : Florentina

Florentina, yonnaise de 28 ans, est camionneuse dans les travaux publics. Une profession plutôt rare pour la gente féminine. Surprenant ? Insolite ? Et pourquoi pas? Rien de tel pour piquer notre curiosité ! Rencontre avec cette aficionada de salsa, bien loin des clichés.

Florentina, bonjour. Alors camionneuse... un rêve de petite fille ?

Non pas du tout ! Petite, j'étais un peu "garçon-manqué", j'aimais bien jouer au foot. Et puis j'ai toujours détesté me "prendre la tête" avec les "histoires de filles". Mais ce n'est ni une vocation, ni une histoire de famille, ni un petit boulot alimentaire... plutôt un accident.

Alors d'où ça vient cette idée ? Quel a été votre parcours?

J'ai commencé par faire des études de comptabilité, mais ça ne me plaisait pas et à 17 ans, j'ai arrêté. J'ai continué en travaillant à d'autres postes comme vendeuse en boucherie-charcuterie et serveuse en restauration. Mais à cause d'un problème au genou, j'ai dû me réorienter.

C'est à la suite d'un emploi dans la logistique, chez Augizeau, entreprise de transports au Fenouiller, que j'ai découvert ce métier. Très vite, j'ai eu envie d'aller voir comment ça se passait sur la route, de faire un job de terrain. J'ai d'abord été conductrice de voiture pilote pour les convois exceptionnels. Je partais à la semaine dans toute la région. Le soir je dormais dans la voiture, sur une couchette. Puis j'ai eu envie de conduire les camions, j'ai passé les permis poids-lourds et super-lourds. Je conduisais des semi-remorques et je travaillais dans tout le département, avec des déplacements à la semaine.

cam3-300x225.jpgAprès 3 ans à ce rythme, j'ai eu envie de rentrer le soir, d'adapter mes horaires à ma vie de femme : personnelle, amicale et familiale. Alors en ce moment, je travaille en intérim pour une entreprise de Sainte-Flaive-des-Loups. Je suis conductrice de 6x4 dans les travaux publics et mes déplacements se limitent à des trajets plus courts, sur le département de la Vendée. J'ai un rythme de vie plus "normal", j'ai des horaires classiques (entre 7h et 18h) et je peux rentrer chez moi tous les soirs.

J'ai encore des projets pour la suite. Pour avoir d'autres compétences et être encore plus égale aux hommes, je souhaite passer le CACES (Certificat d’aptitude à la conduite en sécurité : pour conduire des pelleteuses, chariots élévateurs...) qui me permettrait de pouvoir être aussi présente sur les chantiers.

cam1-300x179.jpgPourquoi vous vibrez pour ce métier, qu'est-ce qui vous plaît tant ?

J'aime bouger et ne pas être enfermée. J'aime être sur le chantier et sur le terrain. J'aime conduire, d'ailleurs il paraît que j'ai une conduite un peu sportive, mais moi, je ne jure pas au volant. J'adore quand mon camion est bien propre. Une femme est plus soigneuse et soucieuse du matériel. Bon, j'ai un peu de mal parfois avec les manœuvres et la mécanique, ce n'est pas mon truc. Mais si le camion a un problème, j'appelle la dépanneuse !

J'apprécie le contact humain et la communication que ce métier implique. Les femmes sont de meilleures communicantes que les hommes ! J'aime la franchise, j'aime dire les choses. Au moins, quand on travaille avec des hommes, il n'y a pas d'histoires, soit ils sont "cash", soit "ils font la gueule" !

La difficulté, c'est un peu  de prouver qu'on vaut autant qu'un homme, qu'il n'y a pas de différence. C'est un métier qui autrefois était très physique, mais qui, aujourd'hui, est vraiment simplifié, car maintenant, il suffit souvent d'appuyer sur un bouton.

Quel accueil vous réserve-t-on au travail ?

Généralement, je trouve facilement du travail et l'accueil est bon. Une seule fois, j'ai vécu la discrimination à l'embauche. Souvent quand j'arrive sur un chantier, cela crée une certaine surprise. Je le devine dans le regard des homme lorsqu'ils me voient descendre du camion.

Parce que je suis entourée d'hommes, je me fais certainement plus draguer que si j'exerçais une profession classique. Mais c'est souvent sous forme de plaisanterie et je les renvoie gentiment balader, avec beaucoup d'humour. Je sais faire la part des choses entre ma vie personnelle et ma vie professionnelle.

Je suis respectée par mes collègues. Par contre, ils auraient tendance à me surprotéger parce que je suis une femme. Ils font très attention à moi.

portrait-225x300.jpgDiriez-vous que vous êtes et restez féminine ?

Je fais un métier "dit d'homme", cela ne m'empêche pas d'être féminine ! J'aime le maquillage, le vernis, les fringues, prendre du temps pour moi et me détendre. Je sors avec mes amis, autant pour une partie de billard que pour une soirée salsa.

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