Changer de métier, le parcours d’une combattante

Incognito au Clemenceau. Nous avons interviewé une jeune femme travaillant comme secrétaire. Employée presque par hasard il y a cinq ans, elle a décidé de se reconvertir. Une décision qui s’avère compliquée à appliquer.

Un bruit de vaisselle posée sur une table. Un brouhaha lointain. Nous sommes dans un coin du bar Le Clemenceau. Marie* raconte dans le détail son parcours. Il y a cinq ans, elle a été embauchée comme secrétaire. Seul souci pour cette trentenaire : elle se destinait à travailler dans le patrimoine. « Après ma maîtrise d’histoire, j’ai fait un master professionnel large, explique Marie. Monter des expositions, faire de la médiation culturelle faisaient partie de mes projets professionnels. On dit que les stages permettent de s’insérer dans la vie professionnelle. Mais il faut tomber sur LA structure. » Dans son premier stage, elle sert de bouche-trous…

 

Le téléphone sonne

 

Marie ne se décourage pas. Elle réalise un dernier stage dans le public. « Les relations humaines ont été moyennes avec ma directrice, confie-t-elle. Elle était manipulatrice et lunatique. » Psychologiquement, Marie est touchée. Cette dernière expérience lui coupe l’envie de travailler dans le patrimoine.

Faute de trouver un emploi, Marie réalise des missions en intérim. Parallèlement, elle effectue des démarches pour trouver un emploi dans sa branche.  « J’ai eu la chance d’avoir un rendez-vous avec quelqu’un d’une collectivité vendéenne, indique-t-elle. Il n’y avait pas de poste mais la personne a gardé mon CV. "Comme tout le monde" me suis-je dit. » Un coup de téléphone. Marie a répondu. La collectivité. « On m’a dit : "Une femme cherche quelqu’un", affirme Marie. Je ne savais même pas pour quel métier. Nous avons cherché une date pour nous rencontrer. Nous n’arrivions pas à nous mettre d’accord et finalement nous avons choisi le lendemain ! Je n’avais pas le profil. Elle m’a expliqué que sa secrétaire l’avait lâchée du jour au lendemain. Et ça s’est fait au feeling, dans notre discussion. »

 

Des questionnaires pour une réponse

 

valeurs_et_competences.pngMarie accepte le poste. Elle apprend sur le tas. Et elle prévient : elle ne compte pas faire ça toute sa vie. « Je me suis renseignée sur le droit à la formation, assure Marie. Puis j’ai vu une annonce dans le journal. Une entreprise proposait un bilan de compétences gratuit (DHR, Développement des Hommes et des Ressources, ndlr). »

Elle rencontre Sophie Devineau, chargée de mission ressources humaines pour DHR. « A notre premier rendez-vous, j’ai raconté mon parcours, se souvient Marie. Puis je suis revenue une deuxième fois. J’ai passé des tests. Une série de questionnaires. Les questions portent sur notre caractère, nos goûts. A partir de cela, ils croisent les résultats. Et j’ai été bluffée qu'ils soient en concordance avec ce que je voulais faire comme métier. »

Troisième et dernière étape : les rencontres. Marie est allée questionner des professionnels des métiers qui lui correspondent. Que font-ils concrètement ? Quels horaires ? Quel salaire ? … Autant de questions pour mettre en évidence LE métier désiré. « Les gens reviennent en général avec une à quatre pistes, déclare Claire Audren, associée avec Sophie Devineau, désormais chez Valeurs et Compétences. Voir quelqu’un revenir avec zéro piste, ce n’est jamais arrivé. »

 

Montrer l'exemple

 

Marie a retrouvé sa voie. Elle a opté pour la préparation aux concours par le Centre National d’Enseignement à Distance (CNED). Son objectif : réussir le concours d’assistant de conservation du patrimoine et des bibliothèques. Une charge de travail supplémentaire. « Je continue mon travail en même temps, donc ça demande de l’énergie, précise Marie. Il faut se lancer et avoir confiance en soi. Il faut aller au bout des choses et ne pas foncer les mains dans les poches. Ce n’est pas facile mais ça donne de l’espoir pour faire autre chose. »

Marie l’avoue. Elle bénéficie d’un certain confort dans son travail actuel : « J’ai un salaire régulier même si je ne suis pas en CDI. Je m’entends bien avec mon employeur. C’est un emploi valorisant parce que je suis en contact avec plein de gens différents. Les 2/8 ou les 3/8, je l’ai vécu. Mon travail n’est pas ennuyeux comme à l’usine. Mon futur emploi sera peut-être pareil mais je ne veux pas regretter. Je ne veux pas me réveiller à 45 ans. » Marie espère que son témoignage servira d’exemple. Les opportunités de se reconvertir existent. Il y a des barrières. Il suffit d’y croire pour les franchir une par une. Pour faire de son rêve, une réalité.

 

*Nom d’emprunt

 

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