Caroline Tronche : "Journaliste, une vocation avant tout"

A seulement 30 ans, Caroline Tronche a déjà fait ses preuves dans le monde du journalisme. Après avoir débuté sa carrière à Radio France en 2008 , elle arrive à TV Vendée il y a quatre ans. Une semaine sur  deux sur le terrain*, caméra au poing à la rencontre des Vendéens, l'autre à la présentation du "JT", Caroline est une femme d'action. Elle est d'ailleurs à l'origine du Club de la presse Vendée. Rencontre.

Journaliste, c'est un rêve d'enfant ?

Oui. C'est à l'âge de 13 ans que j'ai décidé de devenir journaliste.  Après avoir obtenu un bac littéraire, j'ai entamé une année de "prépa" puis j'ai poursuivi avec des études de langues avant de terminer par une école de journalisme à Toulouse. 

Vos premiers pas de journaliste, vous les avez faits en radio...

Oui, grâce à l'une de mes professeurs intervenant en cours de radio. Elle travaillait à Radio France en Charente et  sa rédaction cherchait une pigiste (freelance). Elle m'a proposé le poste. Je suis restée deux ans. J'ai  "tourné" un peu partout  : à La Rochelle, Poitiers, Besançon, Cherbourg, Lille...  J'ai  arrêté en 2010 pour cause de rapprochement familial.

Et vous arrivez à TV Vendée en août 2010 en temps que JRI  ( Journaliste reporter d'images).   Et dès le printemps 2011 , vous commencez à présenter le journal télévisé....

Oui, une semaine sur deux. En alternance avec Edwige Richard. Tout ça, c'est un peu la succession d'heureux hasards.

A vos débuts, vous n'imaginiez pas forcément faire de la télévision ?

Comme beaucoup de gens, quand tu ne connais pas trop le métier, tu n'imagines pas qu'un  jour, tu vas faire de la télé ou même de la radio. Tu penses d'abord à la presse écrite.

Un peu de plateau, pas mal de terrain, vous êtes très polyvalente. Quelle partie du métier préférez-vous : la présentation du "JT" ou partir à la rencontre des gens avec une caméra ?

Je n'ai de préférence. Ce sont deux professions complètement différentes. J'adore les semaines sur le terrain, même si physiquement, ce n'est pas toujours facile car notre matériel est lourd et imposant. Les semaines de présentation sont plus "cool" mais intellectuellement, il faut que je brasse entre 12 à 15 sujets différents par jour. J'essaye de tous les comprendre à la fois. Nous ne sommes pas experts mais on attend de nous que l'on ne se trompe pas. D'un côté quand tu es sur le terrain, tu rencontres directement les gens, tu as des idées de nouveaux sujets. Mais d'un autre côté, quand je suis à la présentation, j'apprends beaucoup de choses bien que je ne rencontre personne au final. Et même si je suis dans la cuisine des téléspectateurs quand ils mangent le soir, par écrans interposés, je ne suis pas allée à leur rencontre…

Journaliste, c'est être très observateur, toujours à l'affût... Même quand on ne travaille pas ?

C'est un métier-passion. Il ne faut pas se cantonner aux horaires de bureau. Et quand on ne travaille plus, il faut essayer de mettre à profit le reste du temps. Moi, par exemple, à la fin de ma journée, quand je vais faire les courses, j'essaye de repérer de nouveaux sujets, et si je vois les œufs de Pâques qui commencent à arriver dans les rayons, je me dis « tiens, c'est le moment de parler des chocolats ! » J'essaye juste de capter l'air du temps.

Quelles sont les qualités requises pour être un "bon" journaliste ?

Il faut vraiment être curieux de tout, ne jamais se mettre de frontière et surtout ne jamais laisser transparaître nos opinions. Je dis souvent que notre métier, c'est un peu comme être prof sauf que au lieu d'avoir un lectorat ou un auditoire, on a des téléspectateurs. Notre métier, c'est vraiment de vulgariser l'information. S'il y a un sujet que je ne comprends pas, ma mission de la journée va être de le comprendre et de le retranscrire dans les mots les plus simples possibles. J'estime qu'à partir du moment où on réutilise les mêmes mots qu'un expert, on n'est pas dans notre métier. Ce n'est pas de vouloir infantiliser les gens mais plutôt d’avoir un rôle pédagogique.

Vos envies de carrière 

Ma conception du journalisme, ce n'est pas de rester toute sa vie au même endroit. Je n'ai aucune échéance de temps. Pour l'instant, je compte bien continuer mon aventure avec TV Vendée. Mais je ne me fermerai jamais de porte. A la fois sur le territoire et sur le type de média , que ce soit de l'écrit, de la radio ou de la télé. Le contexte de la presse locale et nationale aujourd'hui est un contexte difficile et l'info peut être trouvée gratuitement sur internet. C'est la crise pour toutes les entreprises et il faut savoir se créer des opportunités.

C'est pour cette raison que vous avez créé le Club de la  presse de Vendée ?

C'était dans l'idée de se fédérer, nous les journalistes du département, tous médias confondus, toutes tendances confondues, pour s'apprendre des choses. Par exemple, on a quelqu'un de Ouest France qui nous donne des cours de photos et moi, à l'inverse, je vais peut être monter un atelier de montage vidéo pour ceux qui veulent se lancer un peu dans le domaine. On échange beaucoup et surtout, on passe du temps sympa entre nous, autrement que dans le contexte de points presses où on a l'habitude de se croiser. Il y a déjà une cinquantaine de journalistes qui y adhère sur, je pense, une centaine en Vendée. 

Votre compte Twitter compte près de 700  followers. Cette présence sur les réseaux sociaux c'est pour garder une proximité avec vos téléspectateurs ?

Twitter, je m'y suis mise pour deux raisons. D'abord, je me rends compte que l'on trouve de plus en plus d'infos sur ce réseau social. Certains commencent même à mettre leurs infos en premier sur Twitter avant même de nous envoyer des communiqués de presse. Quant à moi, je me suis spécialisée, entre guillemets, dans le relais d'informations concernant la Vendée, ce qui touche de près mon métier actuel à TV Vendée. Mais je ne relaie pas que des infos de la chaîne. Je poste également des infos qui me paraissent importantes pour les gens qui me suivent.

Quels conseils pour celles et ceux qui rêvent de devenir journaliste ?

Ce qu'il faut savoir, c'est que la situation de la presse aujourd'hui fait que l'on gagne notre vie mais pas non plus des fortunes. Si un jeune veut se lancer, il faut accepter de ne pas forcément gagner des mille et des cents, de mettre sa vie personnelle au début de côté avant de vraiment se faire connaître. Faire quelques concessions, c'est dur, il faut bosser. Il n’y a pas vraiment de vacances. Tu combles les trous les week-ends, les fêtes. Il faut toujours être là quand les autres ne sont pas là. Mais une fois que l'on a gagné ses galons, je trouve que c'est un des plus beaux métiers du monde et des plus enrichissants qui existent. Alors, comme conseil, je dirai aux futurs journalistes de ne pas lâcher, et même s'il y a une porte qui se ferme, il y en a toujours une autre qui va s'ouvrir. Pas forcément tout de suite, pas forcément géographiquement où on l'attend, mais elle s'ouvrira.

 

*Depuis juillet dernier et pour quelques semaines encore, Caroline est exclusivement à la présentation du "JT" puisqu'elle remplace Edwige Richard.

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