Bernard Werber, écrivain et rêveur lucide

Ecrivain à succès, Bernard Werber était l'invité d'honneur du dernier Printemps du livre de Montaigu. L'occasion de parler littérature et ... sommeil!

"Des applications qui analysent le cycle du sommeil ? Il y en a beaucoup. Je te conseille Sleep Cycle , c’est la seule qui vaille le coup à mon avis!"

Bernard Werber a beau être l’un des auteurs français les plus lu au monde, il n’en demeure pas moins amical, prêt à donner des conseils sur le thème de son dernier roman : le bien dormir, mais surtout le bien rêver.

Paru aux éditions Albin Michel, "Le Sixième Sommeil" est le 21ème ouvrage de l’auteur, un roman audacieux qui mêle science, ésotérisme, temps, psychanalyse et médecine.  Tout un programme!

 

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Prinptemps du livre de Montaigu

Du 22 au 24 avril, le printemps du livre de Montaigu a fêté la littérature au Théâtre de Thalie . Trois jours intenses de rencontres, dédicaces, animations, sous la présidence de Bernard Werber. «  C’est la première fois que je suis président d’un salon… c’est formidable   », s’enthousiasme l’auteur. «  Je considère mes lecteurs comme une grande famille à qui j’ai des comptes à rendre. Pouvoir les rencontrer, échanger avec eux est essentiel. Rien n’est pire que la solitude de l’écrivain, seul face à sa pile de bouquins lors d’une séance de dédicace… Le fait que l’événement se passe dans un théâtre est aussi très intéressant. L’occasion de présenter plusieurs facettes de mon travail, celle d’écrivain et celle d’auteur de théâtre puisqu’il y sera rejoué ma pièce Nos amis les humains , dix ans après  !  

Voir le Futur

Dans "Le Sixième Sommeil", le héros imaginé par Bernard Werber, Jacques Klein, réalise le rêve de sa mère : atteindre, au-delà de la phase paradoxale,  le sixième stade du sommeil, celui où tout devient possible… Il  crée aussi le cinéma du futur, un cinéma oniroramique où l’on peut projeter ses rêves sur écran et les partager avec d’autres. Une vision dans la droite lignée des technologies de réalité virtuelle développées aujourd’hui… « L’auteur de science-fiction essaye ni plus ni moins de « voir » le futur, de l’anticiper. Plusieurs idées de mes romans ont eu des résonnances dans la réalité. En 2006 j’évoquais dans le Papillon des Etoiles un voilier solaire qui quitterait notre système solaire … il y a quelques jours, Stephen Hawking a annoncé qu’il œuvrait, avec son équipe, à la construction d’un prototype de minuscule vaisseau spatial propulsé grâce à la lumière envoyée depuis la Terre qui pourrait se rendre vers l’étoile Alpha Centauri (le système d’étoiles le plus proche du Soleil)…

Dans mon livre Le Père de nos Pères , j’avais postulé notre filiation avec le porc, des recherches ont depuis confirmé que les cochons partageaient beaucoup de points communs avec les humains ! Je reste persuadé que pour comprendre l’humanité, il faut en sortir et adopter des points de vues exotiques ! »

En France, l’imaginaire, le  fantastique est peu visible dans les médias regrette l’écrivain. « C’est dommage… Jules Verne ou Edgar Poe ont mieux traversé le temps que ceux qui parlaient des salons Parisiens ! »

Une singularité que Bernard Werber, adopte jusque dans sa technique d’écriture.  « Pour éviter de me plagier moi-même d’un roman à l‘autre, j’ai pris l’habitude d’écrire plusieurs versions d’une même histoire. Quand j’obtiens un premier jet, au lieu de l’améliorer, je recommence tout depuis le début. Avant de publier les fourmis, j’ai réalisé  jusqu’à cent versions ! Pour mon prochain roman qui parlera des chats, j’ai recommencé huit fois. C’est comme un jeu de « Mastermind », il y a plusieurs combinaisons possibles, mais une seule est la bonne !  » 

Croyances et vision de l’humanité

Quand on l’interroge sur sa vision de l’humanité, Bernard Werber se dit pessimiste à court terme, optimiste à long terme. L’histoire de l’homme est faite de cycles qui se répètent avec précision. Pour chaque période de progrès, s’ensuit une période de régression.  L’art et l’éducation sont pour lui les deux énergies qui élèvent l’humanité. Le fait que tous les mouvements destructeurs s’attaquent en priorité à ces deux piliers semble confirmer sa théorie. Selon l’écrivain, l’artiste aurait une fonction d’alerte.   

Jamais avare de bonnes citations, Bernard Werber cite Churchill  : "Lorsque la Seconde Guerre mondiale faisait rage", rapporte-t-il ,"le parlement britannique aurait exigé que les subventions aux arts et à la culture soient plutôt versées à l’effort de guerre, ce à quoi le premier ministre britannique aurait répondu : Pourquoi combattre le IIIe Reich si ce n’est pour préserver notre culture ?"

" Ce sont les croyances qui nous bloquent. Elles ne nous apprennent pas à penser par nous-même, à encourager la création, l’indépendance d’esprit. Nous sommes le fruit d’une influence terrible, la publicité, nos familles, l’école… Nous sommes le fruit d’une influence terrible, sauf quand on rêve… "

A la fin du Sixième Sommeil, Caroline Klein, l’un des personnages imaginé par Werber conclut : « Un jour à l‘école on enseignera aux enfants à bien dormir. Un jour à l’université on apprendra aux étudiants à rêver. Dès lors, ce tiers de vie qu’on considérait à tort comme inutile sera enfin rentabilisé pour décupler toutes nos possibilités physiques et psychiques." 

A vos rêves!

 

Suggestions pour aller plus loin dans la thématique :

Lecture  : Le 6ème Sommeil de Bernard Werber , chez Albin-Michel.

Ciméma  : Inception de Christopher Nolan, La Science des Rêves de Michel Gondry, Narco de Gilles Lellouche et  Tristan Aurouet

Techno  : L’application Sleep Cycle , disponible sur Itunes. Un réveil intelligent qui analyse votre sommeil et vous réveiller dans la phase la moins profonde pour vous assurer un réveil détendu et un repos optimal…

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