Avec Anne Charrier, charcuterie et photographie font bon ménage

Charcutier de père… en fille. Anne Charrier tient la Charcuterie Charrier à La Roche-sur-Yon. Et quand elle n'est pas à la boutique, elle troque sa tenue de travail pour son appareil photo, sa seconde passion.

Des mains sur le clavier qui tapotent sur les touches. Sur la chaise, devant l’ordinateur, lunettes sur le nez, Anne Charrier rentre des données. Concentrée. Dans la pièce juste derrière le mur, se trouve la boutique de la Charcuterie Charrier, en plein centre de La Roche-sur-Yon. Anne Charrier se détache de l’écran. La co-gérante du magasin a un peu de temps pour répondre aux questions. « Je pars en vacances ce soir », se réjouit-elle.

Dans le milieu de la charcuterie, on s’attend au bon vieux cliché du charcutier avec sa feuille pour couper la viande. Vous savez ce monsieur large comme une porte avec des bras de la taille de vos cuisses. Les préjugés sont vite tombés. « Au laboratoire, il y en a quelques-uns », confirme toutefois Anne Charrier en montrant quelques photos du personnel. Mais ils ne sont pas majoritaires. Encore moins dans la vitrine du magasin. Il n'y a que des femmes. « A la vente, ce sont souvent des filles, précise-t-elle. Il y en a beaucoup qui se présentent pour être charcutières. Au labo, j’en ai eu quelques-unes aussi. » Pas besoin d’être masculin pour couper de la viande.

 

De la charcuterie à la photo

 

Depuis 1996, Anne et son frère Jean-François sont devenus les co-gérants de l’enseigne familiale. « Avec mon frère, on se complète, déclare Anne Charrier. J’aime accueillir les gens. Je gère la partie traiteur. Lui est plutôt solitaire. Il est dans le laboratoire. Et il s’en occupe très bien d’ailleurs. » Les soirées où l’on fait appel au service traiteur du magasin, c’est Anne qui se les coltine. Et quand il y a besoin, elle met le nez dans la viande, de l’autre côté du comptoir.

Le nez, elle l’a aussi derrière l’objectif. La charcutière est photographe amateur. Cela fait plus de 30 ans qu’elle a commencé ! Elle aime mettre en valeur les gens qu'elle cotoient via des portraits. Comme ses charcutiers ou les habitants de la rue De Gaulle. « J'avais envie depuis longtemps de faire connaître les habitants de ma rue au public, déclare la commerçante. Cela permet de les faire sortir de l'ombre. »

Il y a deux ans, les résidents de la rue se sont pris au jeu. Quarante-cinq commerçants ont pris la pose pour être pris en photo. Ils ont aujourd’hui leur portrait en noir et blanc dans leur vitrine. Anne Charrier est restée sur la photographie en argentique. Cela a permis de tirer en grand format les photos sans atténuer la qualité de l'image. A l’image des produits de sa charcuterie : on ne change pas une équipe qui gagne.

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