Arno en concert, ça donne quoi ?

Arno est passé au Fuzz’Yon le 30 octobre, juste avant Halloween, et il n’était pas déguisé. On vous fait un rapport presque détaillé.

 

Lorsqu’on me propose Arno en concert au Fuzz’Yon,  je dis « why not ? ».

Je connais vaguement le gaillard, à la croisée des chemins entre Bashung et Higelin (les fans vont me lyncher). J’aime bien son style même si j’ai un peu peur que cela ne soit pas assez rock à mon goût.

Bref, je me dis que ça ne doit pas être si mal et me laisse convaincre facilement.

Le concert affiche complet depuis un mois, je me félicite d’avoir été réactive.

Le jour J, la population est au rendez-vous, on fait la queue devant le Fuzz’Yon pour rentrer.
Et ces petites minutes sont assez instructives puisque je me rends compte  que la  moyenne d’âge avoisine les 45 ans. Il y a du « vieux » rockeur, des couples et des connaissances de longue date. Ça me met plutôt à l’aise !

 

Le bonus après une journée de boulot, c’est qu’il n’y a pas de première partie (oui, moi aussi je suis vieille). Arno arrive donc rapidement et déroule ses premières chansons. Il tourne sur son dernier album Future Vintage. Et Vintage, Arno, il ne l’est pas ! Je découvre un univers bien trempé, rock et souvent électro. Lorsqu’il entonne Vive ma Liberté, on plonge même dans du ska-reggae façon Madness. Il arrive à dépoussiérer ses vieux tubes. Pas mal !

 

Côté présence, Arno donne le change avec l’historique de certaines chansons. Ce qui marque surtout, c’est son humour. Il nous raconte des anecdotes, des histoires, sa vie. Sa grand-mère avait des couilles. Les siennes à lui sont sous ses yeux. L’humour d’Arno fait du bien. C’est vraiment très agréable d’avoir un artiste qui ne se prend pas pour un artiste. Surtout qu’Arno n’a plus grand-chose à prouver… Il n’a pas le melon et c’est véridique. Il ne fait pas semblant.

 

Ses textes sont bien les siens. Ils se ressemblent. Les mots d’Arno sont crus, parfois bruts, mais ils n’en sont que plus justes et poétiques. L’une de ses chansons les plus connues, Les yeux de ma mère, illustre bien cette réflexion. Il dit des choses très simples, quasi déstabilisantes parce qu’il n’y a pas de filtre « bien-pensant » (« quand je suis malade, elle est la reine du suppositoire»), et pourtant son hymne à sa mère est bouleversant, universel et vrai. Arno, il va direct dans le vif du sujet et nous ressort une émotion puissante, et très musicale.

 

Bref, vous l’aurez compris, Arno en concert, c’est vraiment à voir. Le set, le personnage, son humour, sa véracité, c’est un très beau spectacle. Qui plus est, le monsieur dépasse l’heure et demie de concert, alors que certains groupes ou chanteurs bien plus jeunes (en âge et en carrière) se tirent après à peine une heure. Il a le souci de son public, Arno.

Et surtout, Arno, c’est le seul chanteur à rendre l’harmonica rock, et rien que pour ça, je dis : respect !

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