Alizée, 21 ans : une leçon de vie

Etudiante aux Etablières de La Roche-sur-Yon, Alizée quitte sa Dordogne natale et une vie familiale protégée. Entre inquiétude et envie, la jeunesse est grave.

Elle arrive souriante. Partagée entre le plaisir du moment et une légère appréhension. Look détendu mais sérieux, regard direct qui vient chercher son interlocuteur. Les cheveux qui flottent autour d’un foulard à poids. Et ce sourire.

Alizée étudie à La-Roche-Sur-Yon depuis le mois de septembre. Comme ces jeunes déracinés de leur région, en quête de diplôme. Après son DUT, un Master professionnel tourisme s’imposait : elle compte bien réunir toutes les chances. Celles que son département d’origine, moins fourni en offres de formation,  ne peut lui offrir. « Quitter mon environnement familial a été au début très facile, mais beaucoup plus compliqué ensuite. Je suis quelqu’un de très famille… On a le droit de pleurer ?! (sourire) Je me donne donc un coup de pied aux fesses ». Elle « apprend à vivre, à se débrouiller seule, à devenir grande ». Elle parle de la solitude, qu’elle gère avec la TV et son portable.

Etrangement, l’accès soudain à la liberté lui impose une vie très sérieuse. Plus de sorties, plus de fêtes. Alizée se plonge dans ses études et recherche des petits boulots. Elle a contracté un prêt étudiant, assume son choix d’études et se bagarre. « Dans ma promo, d’autres sont en plus grande difficulté financière, s’inscrivent à Pole Emploi, font du co-voiturage et sollicitent de l’aide ». Elle parle des exigences qu’impose cette expérience : autonomie, motivation, courage et détermination.

Elle évoque l’avenir aussi. Elle y croit. Son rêve : devenir chargée de développement touristique « dans une boite privée ». Pourquoi privée ? « Car le public génère des complications et des soucis ». Lucide Alizée !

Sa plus belle expérience : un stage de 3 mois comme animatrice d’un hôtel-club à Ibiza. Son plus beau rêve : découvrir la Russie. Alizée est une communicante. Enthousiaste et assurée, agréablement excessive. Avec un brin de gravité, dans la voix comme dans l’analyse.

Une peluche sur son lit, une photo de famille dans le portefeuille, et son relevé bancaire à la main, elle construit son avenir. Un peu inquiète, mais dotée  de détermination et d’envie.

Elle parle pudiquement des leçons de vie qui probablement ont glissé dans ses yeux cette étincelle teintée de doute. « Les gens ont de moins en moins de valeurs et de respect ». Elle observe la société qu’on lui lègue et pointe la corruption comme le pire des maux.

« Comment parleriez-vous de la vie à un enfant de 8 ans » ?

« La vie c’est des expériences, c’est comme tes leçons d’école. Apprends à l’école de la vie, et retiens bien ses leçons ».

 

 

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Un article écrit en partenariat avec  

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