Accouchement "naturel" : un film pour en parler librement et comprendre

Jeudi 19 mars, le cinéma Le Concorde propose un ciné-rencontre autour du documentaire " Entre leur mains ". Le thème : l'accouchement physiologique dit aussi non médicalisé ou  encore " naturel ".  Celles qui optent pour cette façon de mettre au monde sont souvent incomprises par leur entourage mais aussi par certains professionnels de santé. Pour oublier nos préjugés et ne pas les juger, rien de mieux que d'en parler. Bénédicte Seiller, de l'association Grandir Ensemble 85, s'est ainsi confiée à La Roche & elles.

Quel est l'objet du film "Entre leurs mains"?

Le film traite de l'accouchement physiologique. Plusieurs femmes, plusieurs couples mais aussi des sages-femmes témoignent sur ce sujet. L'accouchement physiologique, c'est une manière de mettre au monde proche du naturel, non médicalisée avec une sage-femme qui accompagne les parents du début de la grossesse jusqu'au jour "J". La naissance peut aussi bien se faire à domicile qu'en milieu hospitalier, en plateau technique. C'est une salle d'accouchement mise à disposition par l'hôpital ou la clinique. La sage-femme qui vous a suivie y accompagne la naissance en tête-à-tête. En cas de besoin, elle peut faire appel à l'équipe médicale. C'est donc très sécurisé. Quant à la future mère, elle peut aussi changer librement  d'avis et vouloir une péridurale à tout moment.

Pourquoi choisir l'accouchement physiologique, et notamment l'accouchement à domicile, aujourd'hui? N'est-ce pas un retour en arrière ?

Non, ce n'est pas du tout un retour en arrière. Il y a beaucoup d'idées reçues, de préjugés sur l'accouchement physiologique. C'est ce que montre le film. Ce qu'il y a d'appréciable avec ce type d'accouchement, c'est le respect du rythme du processus (ndlr: pas d'injection d'ocytocine pour accélérer et régulariser les contractions) et du corps de la femme. Elle est considérée capable de mettre au monde sans tout l'attirail médical. Son intimité est aussi mieux respectée puisque lors de l'accouchement, seule les futurs parents et leur sage-femme sont présents.

Il y a aussi une sécurité affective dans ce choix : le père et la mère ont pu parler de cet accouchement, de leurs peurs ou encore de la douleur avec celle qui va mettre au monde leur enfant. La qualité de l'accompagnement de la sage-femme fait que cette douleur se vit bien. Elle vous connaît parfaitement, elle vous rassure, vous conseille. Ce n'est pas un retour en arrière mais un maintien de ce qui est naturel. Je reconnais aussi qu'en milieu hospitalier des efforts ont été faits pour mieux écouter les femmes, les futurs parents, grâce en partie aux projets de naissance.

Ce que l'association Grandir Ensemble 85 veut surtout mettre en avant avec ce ciné-rencontre, c'est que chaque femme doit avoir le choix de où et comment elle accouche, sans être victime de pression ou d'incompréhension. Or, c'est parfois difficile de trouver une sage-femme habilitée à pratiquer l'accouchement physiologique près de chez soi.

Vous semblez parler d'une "lutte" pour accoucher physiologiquement. N'est-ce pas exagéré? D'une certaine façon, cela n'est-il pas aussi stigmatisant pour les femmes qui préfèrent l'accouchement médicalisé ou qui n'ont pas le choix ?

Non, ce n'est pas une lutte. Nous voulons juste que le choix de chacune soit respectée. "Entre leurs mains " est un film engagé, pas militant. Nous ne voulons pas convaincre mais juste expliquer pour mieux se comprendre.

Biberon contre allaitement, couche jetable contre couche lavable, accouchement physiologique contre accouchement médicalisé : selon vous, pourquoi la société cherche-t-elle à tout prix à opposer les mères (et les pères) entre eux ?

Nous ne voulons pas de ces perceptions de la société et des femmes. Il faut parler, informer pour stopper toutes ces oppositions inutiles, tous ces préjugés. Chaque mère doit être respectée dans sa façon de vivre, dans ses envies. Je le répète, elle doit avoir le choix de son accouchement. Or, aujourd'hui, le choix de l'accouchement médicalisé ne se pose pas, c'est une évidence, tout est prévu dans ce sens. A l'inverse, une femme qui souhaite accoucher physiologiquement doit se poser de nombreuses questions, faire face au manque de personnel, au jugement et à la pression de son entourage ... Cette forme d'accouchement n'est ni suffisamment acceptée ni suffisamment possible en France. Il y a une inégalité entre les femmes qui optent pour l'accouchement physiologique et les autres.  Via la projection d' "Entre leurs mains", nous voulons juste en finir avec ces incompréhensions. Il n'y a pas de lobbying derrière tout ça.

Le film est suivie d'un temps d'échanges animé par Grandir Ensemble 85. Pouvez-vous nous présenter l'association rapidement ?

L'association existe depuis 2005. C'est une association de parents qui souhaitent se soutenir mutuellement dans leur rôle d'éducation. Nous veillons au respect de chaque enfant, de chaque parent dans ses valeurs, dans ses choix ou dans ses cheminements. Notre but est de promouvoir une éducation bienveillante. Nous proposons des rencontres-parents, des ateliers communication (pour améliorer la communication avec nos enfants), des ateliers de portage en écharpe, des ateliers parents-enfants autour de la danse et de la musique ou encore une bibliothèque. Vous pouvez retrouver notre charte et notre actualité sur notre site internet.

Mardi 17 mars, il y a un ciné-couffin autour du film "Spartacus et Cassandra". C'est quoi le concept ?

C'est une séance de cinéma accessible aux parents et leurs bébés. Le son est baissé et la lumière tamisé. Les parents profitent du film pendant que bébé se repose.

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